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Ingrid Betancourt est en bonne santé mais très inquiète de l'impasse des négociations pour sa libération, a déclaré l'un des principaux responsables des FARC, alors qu'on a plus reçu aucune preuve de sa survie depuis mai 2002.
Raul Reyes, l'un des principaux dirigeants des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) qui retiennent en otage depuis trois ans la franco-colombienne Ingrid Betancourt, indique dans un entretien avec l'agence de presse Anncol, que les conditions militaires actuelles ne lui permettent pas de fournir aux familles des preuves de survie des otages.
La famille de Mme Betancourt n'a plus reçu aucune preuve de sa survie depuis mai 2002. Interrogé sur l'intérêt pour la guérilla de maintenir l'ancienne candidate écologiste à la présidentielle colombienne en détention, M. Reyes souligne que son objectif est d'obtenir la liberté des camarades qui sont en prison dont les hommes politiques et les medias ne parlent jamais, comme si ces derniers n'avaient pas de de mère, de frère ou de famille.
Les FARC affirment que 500 guérilleros sont actuellement détenus dans les geôles colombiennes. Il se peut que plus tard avec la médiation de la communauté internationale, la pression des familles des prisonniers dont Yolanda Puleco (ndlr: la mère d'Ingrid), Uribe (ndlr: le président colombien) change de discours, affirme-t-il.
Le chef rebelle précise qu'il n'y aura pas d'échange humanitaire d'otages contre des guérilleros emprisonnés si tous les camarades ne sont pas libérés, y compris ceux extradés aux Etats Unis.
Mercredi la Colombie a extradé vers les Etats-Unis la commandante "Sonia", accusée d'être la principale organisatrice du trafic de drogue et d'armes des FARC. Sa capture avait été présentée comme un important coup porté à la guérilla, après celle de Ricardo Palmera, alias "Simon Trinidad", un autre dirigeant des FARC qui a, lui, été extradé vers les Etats-Unis le 31 décembre.
Nous pensons, poursuit-il, que c'est très bien de s'appeler Ingrid et nous n'avons rien contre, mais cela ne signifie pas qu'il faille oublier les commandants de la police et de l'armée dont personne ne parle jamais comme s'ils n'existaient pas alors qu'ils combattaient la guérilla pour défendre les interêts de l'Etat corrompu.
M. Reyes dénonce l'indolence du gouvernement d'Alvaro Uribe pour obtenir la libération de nombreux commmandants de l'armée, policiers qui sont prisonniers depuis des années dans la forêt. Que les familles d'otages, ajoute Reyes, sachent qu'il n'existe aucun accord secret (ndlr: allusion à de récents contacts avec des représentants de la France), que les propositions des FARC sont publiques et qu'il ne se passera rien si elles ne sont pas remplies.
Le chef guérillero a ensuite rejeté la proposition de médiation de l'ancien archevêque sud-africain Desmond Tutu, prix Nobel de la paix.
Créées le 27 mai 1964 dans le sud du pays andin par Marulanda, les FARC comptent 17.000 hommes sur 120 fronts. Ils détiennent, selon les autorités, 1.600 otages, dont 21 responsables politiques, une cinquantaine d'officiers de l'armée et trois Américains.