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Les députés belges qui, cette semaine, ont rencontré, à Bogota, des représentants gouvernementaux et sociaux colombiens ont demandé à la Communauté internationale de continuer à faire pression sur les autorités de la Colombie pour qu'elles mettent fin au conflit armé au moyen de négociations.
La délégation a déclaré, lors d' une conférence de presse dès son retour de Colombie où elle s'est rendue pour commémorer le troisième anniversaire du kidnapping de l'ex candidate présidentielle Ingrid Betancourt, que la Communauté internationale doit faire tout ce qui est possible pour éviter que tombent dans l'oubli les 3.000 personnes kidnappées dans ce pays sud-américain.
Les députés se sont rendus du 18 au 22 février dans la capitale colombienne afin d'exprimer aux autorités leur inquiétude en ce qui concerne la situation des Droits Humains et des personnes kidnappées, déplacées et menacées.
Les parlementaires, qui se sont réunis avec plusieurs représentants du Gouvernement, d'organisations non gouvernementales et de syndicats, ont affirmé avoir été profondément choqués en constatant « l'inégalité sociale énorme, l'incapacité de l'État colombien à garantir la sécurité de ses citoyens et, de tous côtés, Gouvernement inclus, la violation des Droits de l'homme ».
Ils ont également exprimé leur préoccupation du fait que le gouvernement colombien qualifie la situation de « problème de terrorisme », et ont manifesté leur propre conviction qu'il s'agit plutôt d'un « conflit armé ».
Selon la députée libérale Fauzaya Talhaoui, « les autorités colombiennes ne reconnaissant pas qu'il s'agit d'un conflit armé, elles ne se sentent donc pas l'obligation de chercher une solution humanitaire ».
La délégation parlementaire a rencontré, à Bogota, le vice-président colombien, Francisco Santos, et il lui a fait quelques suggestions en ce qui concerne le problème des otages.
Les députés lui ont expliqué qu'ils soutiennent l'idée d'un accord politique basé sur des négociations entre la guérilla des Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (FARC) et le Gouvernement, pour la libération des personnes retenues.
Ils ont aussi approuvé le processus de démilitarisation des paramilitaires, mais ont insisté sur le fait qu'un cadre légal devrait empêcher l'impunité des véritables criminels.
En outre, ils ont demandé au Gouvernement de porter ses efforts sur l'intégration des populations déplacées et de créer une véritable politique sociale.
Les députés ont souligné qu'ils poursuivront leur action de sensibilisation dans les prochaines semaines et que, à cette fin, ils rencontreront, dans le courant du mois de mars, le Président de la Commission Européenne, José Manuel Durao Barroso, pour discuter du rôle que peut exercer l'Union Européenne (UE) dans la solution du problème.
De plus, ils présenteront la situation du conflit armé et de la crise humanitaire en Colombie durant la prochaine réunion de la Commission des Droits Humains de l'ONU à Genève, en mars, et demanderont à la Belgique de soutenir financièrement les associations colombiennes qui combattent pour une solution pacifique.
« Nous mobiliserons autant de personnes qu'il sera nécessaire pour exercer une pression internationale sur le gouvernement colombien », ont assuré les députés.