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Astrid Betancourt reçue par le Nouvel Obs

15/03/2005 - Nouvel Obs

Astrid Betancourt, la sœur d'Ingrid Betancourt était récemment l'invitée du journal "Le Nouvel Observateur".

Nouvelobs.com publie les questions qui lui ont été posées par internet, et les réponses d'Astrid :

Votre question comporte plusieurs parties. La première, nous ne critiquons pas la politique générale du président. Il a été élu sur une politique dure concernant la guérilla. Ce que nous critiquons c’est que tout en continuant sa stratégie militaire appuyée par les Etats-Unis contre la guérilla, il n’applique pas le droit humanitaire et n’ouvre pas cette brèche au sein du conflit pour sauver la vie des soldats et des otages politiques. La Convention de Genève, dont la Colombie est signataire, oblige en cas de conflit armé soit avec un autre pays soit interne à établir des échanges humanitaires afin d’humaniser le conflit et de sauver le plus de vies possibles. Concrètement, cela veut dire que les combats peuvent continuer mais qu’une brèche s’ouvre pour que l’échange entre une centaine de guérilleros détenus dans les prisons colombiennes et 59 soldats colombiens puisse se faire. Les Farc ont dit que si cet échange se faisait, ils libéreraient les 25 otages politiques qu’ils détiennent en captivité : Ingrid, Clara Rojas, 20 députés et trois Américains. Le président colombien, selon le DIH, a l’obligation de procéder à cet échange : un conflit armé se caractérise ainsi que l’a défini récemment la ministre des Affaires étrangères suisse comme l’existence de combats au quotidien entre les forces armées colombiennes et le bras armé des Farc qui est composé de 20.000 hommes. Ces combats entraînent des prisonniers et des blessés de part et d’autre. C’est bien là l’esprit du "législateur" de la Convention de Genève : sauver les plus possible de vies humaines.

Deuxième partie. En ce qui concerne les 3.000 séquestrés, on parle de 3.000 séquestrés aux mains des Farc, de l’ELN, des paramilitaires et des groupes de délinquants de droit commun. On attribue généralement 800 aux Farc. Ces kidnappés sont en captivité pour des raisons économiques. Les familles négocient directement avec les ravisseurs les rançons. Beaucoup sont libérés par ce biais là. La seule manière pour tous les libérer serait un accord global de paix entre les Farc et le gouvernement qui entraînerait la démobilisation des Farc et la libération des kidnappés. Comme vous le savez, le gouvernement Uribe alors qu’il négocie avec les groupes paramilitaires de droite n’a pas dans sa ligne de gouvernement l’option d’une négociations de paix avec la guérilla. En ce qui concerne l’action que nous menons, aussi bien en Colombie qu’en France et auprès de la communauté internationale, c’est "grace" à la médiatisation de l’enlèvement d’Ingrid que la communauté internationale a découvert le drame des autres otages en Colombie. Nous nous exprimons toujours au nom d’Ingrid, de Clara Rojas et des autres otages. L’accord humanitaire pour nous, familles des otages politiques, est le seul moyen d’obtenir leur libération. Nous n’avons pas la possibilité d’entrer en contact direct avec les Farc comme peuvent le faire les familles des otages pour des raisons économiques. Je vous précise que Clara Rojas fait partie des otages politiques. Les politologues spécialisés sur la question colombienne pensent qu’en plus de la libération des soldats et des otages politiques, la conclusion d’un accord humanitaire contribuerait à apporter un détente des relations Farc-gouvernement propice à enclencher un début de négociation sur la paix.

Non. Les Farc ne se sont pas exprimés sur cette possibilité. La pratique des Farc par rapport aux opérations militaires de sauvetage, c’est qu’ils attribuent à l’avance à chaque guérillero l’otage qu’il devra exécuter en cas d’approche d’opération militaire de sauvetage. Appuyer sur la gâchette, ça prend une seconde. Peu de chances donc pour qu’il y ait des survivant. Dans les deux semaines qui ont suivi l’enlèvement d’Ingrid des messages ont été captés par des radios militaires donnant l’ordre d’exécuter Ingrid en cas d’opération de sauvetage.

Cf. question précédente. En ce qui concerne le lieu de sa détention, nous avons toujours pensé qu’elle était restée proche de la zone où elle a été détenue autour de Catagena del Chaira. Cela étant, nous avons reçu au cours de ces trois années des informations provenant de personnes civiles, de communautés d’indigènes, de kidnappés libérés pour des raisons économiques, faisant état d’endroits tellement contradictoires que nous n’avons pas aujourd’hui d’idée précise. Néanmoins, nous avons l’espoir de penser que grâce à la mobilisation de la communauté internationale, au fait que les Farc se rendent compte que si quelque chose de fâcheux arrivait à Ingrid -symbole des otages- cela nuirait à leur image de manière irréversible et, eu regard à l’offensive militaire de "l’opération patriote" qui met la vie des otages en danger, nous avons l’espoir de penser qu’ils l’ont mise dans un lieu mieux protégé des combats militaires.

En amont, les Farc ont insisté sur le fait que les négociations doivent avoir lieu sur le territoire colombien. Ils insistent sur la création d’une zone "de sécurité" (démilitarisée) limitée à deux villages : Pradera et Floria, pendant la durée des négociations de l’accord humanitaire et ensuite trois jours pour procéder aux échanges. La France, au cours de la première année de détention d’Ingrid, avait proposé aux Farc à travers l’Eglise justement l’idée que vous mettez en avant : Guyane et un navire français. Cela dit, ces deux idées n’ont pas été proposées de nouveau. Votre question me fait pense que les situations évoluant, pourquoi ne pas remettre ça sur le terrain. Cela suppose supposerait un accompagnement des Farc par la communauté internationale pour garantir leur liberté de mouvement.

Au début de l’enlèvement d’Ingrid, nous avons pu faire parvenir une lettre à ma soeur à travers la Croix Rouge. C’est également la Croix-Rouge qui a réceptionné la première preuve de survie (vidéo) de ma soeur, en août 2003. Par la suite, en réaction au déclenchement de l’"opération patriote", offensive militaire du gouvernement dans les régions où se trouvent les otages, les Farc n’ont plus permis l’action messagère de la Croix-Rouge. Nous avons insisté néanmoins auprès des Farc à travers l’Eglise pour que cette action puisse se rétablir.

Votre question est judicieuse. C’est vrai que dans la région le Brésil et le Venezuela sont des pays très importants pour les relations bilatérales colombiennes et qu’une pression de la part du président Lula et du président Chavez, conjuguée à une pression française étoffée par celle d’autres pays européens, serait déterminante. A Bogota, nous avons pris contact à travers l’ambassadeur du Brésil avec le conseiller politique du président Lula. Le président Lula a d’ailleurs proposé le Brésil comme lieu de rencontre pour la négociation de l’accord humanitaire aux Farc et au gouvernement colombien. Cette proposition était placée également sous l’égide des bons offices des Nations unies. Mais, comme nous l’avons déjà signalé publiquement, le gouvernement colombien n’a pas facilité les moyens aux Nations unies de remplir sa mission de bons offices relativement à l’accord humanitaire et les Nations unies ont retiré leurs bons offices il y a deux mois (je vous rappelle qu’en janvier 2004 le délégué des Nations unies, monsieur James Lemoine muni d’une lettre d’invitation de la part du numéro 2 des Fars, Raoul Reyes, s’est rendu auprès du président Uribe pour avoir son accord pour cette rencontre.

Le président Uribe lui demandé "à quoi bon cette rencontre ?". James Lemoine lui a répondu "mais pour remplir la mission de bons offices en vue de l’établissement d’un accord humanitaire que vous avez confié aux Nations unies le 7 août 2002, jour de votre investiture". Le président Uribe a répondu "nous n’avons pas encore défini ni les termes ni les conditions de cette mission de bons offices". Commentaire : un an et demi après la demande de bons offices, les conditions de la mission de bons offices n’étaient pas déterminées!!! Pour en revenir de manière plus précise à votre question, nous continuons à rechercher une manifestation de solidarité et de la soutien à l’accord humanitaire plus aiguë de la part du président Lula. En ce qui concerne le président Chavez, nous avons eu des contacts avec lui et nous continuons à les avoir et nous avons beaucoup d’espoirs dans les démarches qu’il pourrait entreprendre.

Les deux situations ne sont malheureusement pas comparables. La libération d’Ingrid de Clara Rojas et des autres otages politiques, comme l’ont répété à plusieurs reprises les Farc, n’interviendra qu’après un échange humanitaire. Il n’y a donc pas de place pour une négociation comme celle qui a été faite par les services français pour libérer Christian Chesnot et Georges Malbrunot. L’action de la France ne peut se traduire pour l’instant que sur une pression sur le président Uribe ou sur un accompagnement dans le but de rapprocher les positions divergentes des deux parties concernant les conditions d’un accord humanitaire. En ce qui concerne une opération militaire de sauvetage, vues d’une part les conditions physiques où se trouvent les otages, et en particulier Ingrid, c’est-à-dire la densité impénétrable de la jungle, et d’autre part la pratique des Farc connue par les autorités colombiennes concernant l’exécution immédiate des otages en cas d’opération militaire de sauvetage font qu’une tentative de cette nature ne pourrait qu’aboutir à un fiasco.

En août 2002, lorsque nous nous sommes opposés à cette proposition du gouvernement colombien, c’est grâce à un appel du président Chirac qu’elle n’a pas eu lieu et qu’Ingrid et Clara sont vivantes. En effet, quelques mois après, le gouvernement a réalisé une opération de sauvetage pour tenter de récupérer deux otages politiques kidnappés peu de temps après Ingrid dans une autre région : les deux otages ont été exécutés et lorsque les forces militaires sont arrivés dans les camps des Farc, tous les guérilleros avaient déguerpi. Les chances de réussite sont quasi infimes. Dans le cas d’Ingrid et de Clara (à l’époque l’armée colombienne nous avait dit qu’elles étaient ensemble) si l’opération réussissait, cela aurait constitué un précédent important pour le gouvernement selon lequel la libération est possible par la voie militaire et non la négociation. Si l’opération échouait, le gouvernement colombien se serait débarrassé du boulet de la pression internationale concernant les otages politiques dont Ingrid est devenue le symbole

Je pense que le gouvernement français -le président Chirac, Dominique de Villepin, Michel Barnier, l’ancien ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, Renaud Muselier- ont toujours été à l’écoute et ont agi à plusieurs niveaux.

I- Appui essentiel : bloquer l’action militaire de sauvetage qui allait être menée par le gouvernement colombien en août 2002 (appel direct du président Chirac et coordination de Dominique de Villepin)

II- Appel de la France par Dominique de Villepin lors de son voyage en Colombie pour la préservation de la vie d’Ingrid par les Farc, entre autres sujets abordés. 3- Pendant toute la période où le discours ambigu du gouvernement colombien vis-à-vis de l’accord humanitaire nous a confondu aussi bien nous, familles de kidnappés, que gouvernement français, parcequ’il nous a fait croire à la volonté politique d’Uribe de mettre en place l’accord humanitaire (d’août 2002 à août 2004):

- Parfois le président Uribe opposait une question de principe à l’accord humanitaire : les Farc sont des terroristes. Avec les terroristes on ne négocie pas, on les extermine.

- Parfois, il laissait entrevoir une ouverture : "je serais d’accord avec un accord humanitaire sous trois conditions" : pas de zone démilitarisée, que le guérilleros échangés ne retournent pas à la guerilla, que les guerilleros échangés ne fassent pas partie de ceux condamnés pour crime de lèse-humanité. Ces conditions étaient agrémentées de remarques "populistes" : "on ne peut pas échanger des bons contre des mauvais", "échanger des guerilleros emprisonnés, ce serait humilier l’armée", etc.

- Mais toujours, que ce soit en privé aux familles des kidnappés ou aux différents émissaires du gouvernement français qui ont parlé à leurs homologues du gouvernement colombiens, le message était toujours "oui à l’accord humanitaire mais sous certaines conditions".

- Donc, pour en revenir à l’action de la France à ce moment là, elle s’est attachée :

1- à rappeler de manière régulière l’urgence d’un accord humanitaire en faisant entendre au gouvernement l’applicabilité du droit international humanitaire au sein du conflit colombien.

2- à répondre positivement à tous ce qui pourrait faciliter le rapprochement les positions divergentes concernant les conditions de l’accord humanitaire entre les deux parties. Exemple : la France est prête à accueillir des guérilleros libérés et elle en a parlé à d’autres pays européens qui seraient dans les mêmes dispositions. Elle a proposé comme territoire de négociation un navire français ou la Guyane française. Elle a accompagné la réflexion aussi bien de l’Eglise que des Nations unies dans leurs efforts de médiation entre les deux parties.

3- en novembre 2003, lorsqu’on s’est rendu compte du premier sabotage des démarches de l’Eglise par le gouvernement colombien : avant d’aller voir les Farc, l’Eglise a proposé au gouvernement colombien:

a- de définir la zone "sécurisée" où aurait lieu les négociations avec les Farc.

b- de proposer aux Farc que publiquement leurs prisonniers libérés seraient placés sous la surveillance de l’Eglise. Ceux qui voudraient partir à l’étranger le pourraient. La surveillance sur les autres serait plus ou moins assurée. Cette proposition part du constat que 100 guérilleros de plus ou de moins ne font pas masse critique dans le rapport de forces entre l’armée et les Farc au niveau des combats, mais on peut comprendre que, pour le gouvernement colombien, ce soit une question d’honneur de dire que le guérilleros sont libérés mais placés sous la surveillance de l’Eglise. Le gouvernement colombien a accepté. L’Eglise est donc partie voir les Farc. Les Farc ont défini deux villages comme zone sécurisée pendant la durée de la négociation de l’accord humanitaire et pour procéder aux échanges(démilitarisée : ce qui est très différent de la zone démilitarisée dont parle le gouvernement, une zone représentant deux départements avec un temps illimité la comparant à la zone démilitarisée du processus de paix sous le gouvernement antérieur, zone grande comme la Suisse et ayant subsisté 4 ans). Les Farc ont accepté la proposition concernant les guérilleros, ce qui était une réussite extraordinaire de la part de l’Eglise eu égard au fait que les Farc mettent un point d’honneur à négocier à égalité avec le gouvernement et que se voir conditionner la liberté des guérilleros est un moins pour eux. Ces résultats ont été obtenus en 3 aller et venus de l’Eglise, ce qui a pris trois mois. Et bien, lorsque que l’Eglise est aller dire au président Uribe qu’ils avaient réussi leur objectif, le président Uribe leur a dit qu’il n’était plus d’accord avec la proposition sur les guérilleros. Trois mois d’efforts annulés, la légitimité de l’Eglise comme "médiatrice" vis-à-vis de la guérilla mise en cause.

Donc, à ce moment là, ayant mis au courant la France de ce qu’il s’était passé, ainsi que de notre action de prise de la cathédrale de Bogota dont le but était d’obliger le gouvernement colombien à nommer une négociateur officiel du gouvernement pour qu’il n’est pas la possibilité de se rétracter du terrain gagné lors de négociation mais qui malheureusement n’a pas abouti parce que le président a dit que son seul négociateur était le commissaire colombien pour la paix via internet, la France, action conjointe de Dominique de Villepin et de Nicolas Sarkozy, a contacté la Suisse pour, en accord avec sa mission de neutralité et humanitaire, elle propose au gouvernement colombien la mise en place d’un négociateur suisse. Ce négociateur suisse a rencontré les Farce en juillet 2004. En août, il nous a contacté en nous disant qu’il était sur le point de consolider quelque chose d’important : un geste unilatéral des Farc libérant 2 otages politiques malades et 4 femmes dont Ingrid et Clara. Ce geste exigeait un geste réciproque du gouvernement de libérer 5 guérilleros et que suite à cette détente, les négociateurs des Farc se réuniraient avec les représentants du gouvernement pour négocier les bases d’un accord humanitaire plus large. Mais, coup de théâtre, avant que cela ait pu être consolidé, début septembre 2004 le président Uribe a convoqué une conférence de presse où il a repris les termes de cette négociation en les présentant sous la forme d’une proposition unilatérale de sa part. Ce qui fait échouer l’effort franco-suisse. D’autres exemples de sabotages de la part du gouvernement colombien entre septembre et la fin de l’année. Mais il serait trop long de les expliquer.

4- Depuis cette année, je pense que le gouvernement du président Chirac est tout à fait conscient de la volonté politique inexistante du gouvernement colombien. En février 2005, lors d’une réunion de l’Union européenne, Uribe a dit devant des représentants de 25 Etats qu’il était favorable à l’accord humanitaire?. Nous avons appris que lors d’une conversation téléphonique entre le président Chirac et le président Uribe, le président Chirac lui a dit que puisqu’il était favorable à un accord humanitaire il devait créer les conditions pour que cet accord puisse se faire. Et récemment le ministre Michel Barnier a demandé au gouvernement colombien la création de conditions concrètes pour mettre en place un accord humanitaire. Que peut faire la France, ou qu’est-ce que nous lui demandons? De ne pas lâcher prise et ne pas relâcher la pression, de l’exercer au quotidien, de vérifier par la mise ne place d’une cellule de crise de manière périodique, où en sont les négociations pour la mise en place de l’accord humanitaire. Nous lui demandons également, et elle est d’accord, de chercher à consolider un appui européen dans le même sens grâce à l’expérience européenne de Michel Barnier et au contacts privilégiés du président Chirac avec ses homologues européens. Au Français nous demandons de continuer à s’intéresser au cas d’Ingrid, à continuer à se mobiliser car cela aidera et légitimera d’autant plus l’action de la France qui est notre seul espoir.

La notoriété internationale d’Ingrid a été et demeure toujours la garantie de sa vie. En premier lieu, les Farc avaient dit dans la semaine qui a suivi son enlèvement que si un accord humanitaire n’était pas passé dans un délai de un an, ils feraient ce qu’ils voudraient de la vie d’Ingrid. Face au désintéressement des deux gouvernements qui se sont succédé en Colombie vis-à-vis d’Ingrid, les Farc auraient pu exécuter leur menace à titre d’exemple. Si Ingrid est encore en vie aujourd’hui après trois ans, c’est grâce à la mobilisation internationale : les Farc sont conscientes que leur image auprès de la communauté internationale démolie si quelque chose arrivait à Ingrid.

Par ailleurs, le fait qu’avant l’enlèvement d’Ingrid, on n'ait pas parlé du cas des soldats colombien n’a pas fait pour autant qu’ils aient été libérés. Cela dit, par rapport au gouvernement colombien, et c’est peut-être une explication au refus du président Uribe de mettre en place un accord humanitaire, la notoriété d’Ingrid, non pas comme otage mais comme femme politique, engagée dans un combat contre la corruption, contre l’injustice sociale, pour la récupération d’institutions qui puissent être vraiment qualifiées de démocratiques, dans un contexte pré-électoral (nouvelle élection présidentielle en 2006,) où le président Uribe se représente à un deuxième mandat (il a passé un réforme constitutionnelle pour avoir cette possibilité) et dans un pays où l’emprise de paramilitarisme encouragé par le gouvernement Uribe dénature l’appellation démocratique des institutions colombiennes, on peut penser effectivement que la notoriété est peut-être un handicap pour la libération d’Ingrid.

Avant de prendre congé de vous je voudrais vous rappeler à quel point votre mobilisation est importante pour que ne sombrent pas dans l’oubli et pour la libération, d’Ingrid, de Clara, des autres otages politiques et de Florence Aubenas dont les récentes images nous ont émues.


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