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Les otages ont disparu. Les centaines de Colombiens prisonniers de la guérilla sont remarquablement absents de l'actuelle campagne électorale. Ni le président Alvaro Uribe, candidat à la réélection, ni les candidats d'opposition ne semblent se soucier du sort de leurs compatriotes aux mains des FARC.
Dans les discours et les débats électoraux, le nom de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, otages des FARC depuis cinquante et un mois, n'a jamais, ou presque, été prononcé.
Certes, l'oppositioncritique la politique militariste du président-candidat et son refus de négocier avec les rebelles. Mais seul le conservateur Alvaro Leyva avait fait de la libération des otages un thème de campagne. Il a retiré sa candidature un mois avant le scrutin. Il n'a jamais atteint 1 % des voix dans les sondages. Personnage très contesté de l'establishment, M. Leyva entretient depuis des années des relations privilégiées avec les chefs des FARC. Après avoir rencontré en mars leur vieux chef, Manuel Marulanda, "quelque part dans la montagne", M. Leyva a tenté de convaincre ses compatriotes que lui seul, une fois élu, pouvait obtenir la libération des otages et négocier la paix avec leurs ravisseurs.
"Vu de l'étranger, l'indifférence des Colombiens face au phénomène de l'enlèvement est difficile à comprendre", note Roxy Hintze, dont le mari allemand a été séquestré pendant cinq ans et libéré contre rançon. "Obligés de s'adapter aux horreurs de la guerre, les gens finissent par s'en désintéresser", note Olga Lucia Gomez, psychologue et directrice de Pais Libre, une association d'aide aux familles des séquestrés.
Le nombre des enlèvements a chuté mais il y en a eu plus de 700 en 2005. "Préoccupé par les difficultés du quotidien, le peuple continue de croire que les enlèvements sont un problème de riches", soupire
Mme Gomez. "Et les riches ne semblent guère se soucier du sort des policiers et des soldats prisonniers des FARC depuis de longues années" ajoute un de ses collaborateurs. Quatre ans après la rupture du processus de paix avec la guérilla, les Colombiens restent largement convaincus que seule la force pourra venir à bout des rebelles. " Pour négocier il faut être deux", rappellent les partisans de la manière forte. Ils doutent que les FARC aient la moindre intention de négocier la libération de leurs otages.