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Berne réagit aux propos de Santos

07/05/2006 - Le Temps, Radio Caracol

Le vice-président colombien n'y est pas allé avec le dos de la cuillère. Vendredi, dans Le Temps, il a qualifié l'attitude de la Suisse dans le dossier colombien de «totalement incohérente». «Que la Suisse cesse d'abriter des terroristes!», a-t-il lancé en critiquant le fait que le site internet des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) soit hébergé par un serveur suisse.

Francisco Santos évoque aussi la possibilité d'engager des actions en justice contre Action de Carême et Pain pour le prochain, qui à ses yeux ont mené une campagne de récolte de fonds «au contenu politique erroné et injurieux» en comparant les victimes colombiennes de violences à des cannettes écrasées. «Cette deuxième salve d'attaques intervient alors que nous avons clairement rejeté l'accusation de soutenir les FARC», commente, agacé, Reto Gmünder, de Pain pour le prochain. «Ils peuvent mettre nos partenaires en Colombie en danger».

Contexte tendu

Ces propos s'inscrivent dans le contexte tendu des élections présidentielles. Berne s'est retrouvé à plusieurs reprises dans le collimateur du gouvernement colombien alors que la Suisse joue, avec la France et l'Espagne, le délicat rôle de facilitateur entre Bogota et les FARC. Une déclaration commune publiée le 24 avril par l'ambassade de Suisse à Bogota et la vice-présidence colombienne mettait fin à de premiers «malentendus» à propos des FARC en Suisse et de la campagne des ONG. Les voilà qui refont surface.

A Berne, le Département des Affaires étrangères rappelle que, contrairement à l'UE, la Suisse ne considère pas les FARC comme une organisation terroriste et qu'elle tolère donc leur site internet tant que son contenu reste dans le cadre légal.

La Suisse s'alignerait-elle sur la position de l'UE si elle ne jouait pas un rôle de facilitateur entre les deux parties? «Probablement pas», rétorque Jean-Philippe Jeannerat, porte-parole du DFAE: «En dehors d'Al-Qaida, bannie par le gouvernement suisse sur la base d'une décision du Conseil de sécurité de l'ONU, la Suisse ne condamne aucune organisation en tant qu'entité.» Le DFAE rappelle également que Berne entretient des relations diplomatiques avec le gouvernement colombien et pas avec les FARC, mais qu'elle garde les «canaux de communication ouverts» avec la guérilla, dans le but de parvenir à un accord humanitaire. Malgré ses critiques, Francisco Santos a admis que la Suisse faisait du «bon travail».


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