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28/05/2005 : Bogota ordonne la capture d'un chef paramilitaire

Le gouvernement colombien a ordonné mercredi la capture du chef paramilitaire Diego Murillo pour des accusations d'homicide et l'a exclu de pourparlers lancés avec les milices de paramilitaires pour leur démobilisation d'ici 2006. Diego Murillo, numéro trois des AUC, extrême-droite, est poursuivi pour l'assassinat du député régional Orlando Benitez et de deux autres personnes.

Le gouvernement a entamé depuis deux ans des négociations avec les AUC. Mais ce processus de paix et surtout l'impunité accordée aux chefs paramilitaires, accusés de plusieurs massacres de civils ces 20 dernières années, est régulièrement questionné par des organisations de défense des droits de l'homme et par des agences des Nations unies en Colombie.

27/05/2005 : L’extension régionale du Plan Colombie

Officiellement conçu pour lutter militairement contre la culture de la coca, le Plan Colombie est surtout un prétexte à la présence militaire états-unienne dans le pays. Il déborde sensiblement sur les États riverains, rapporte l’Agence Altercom : installation de bases états-uniennes en Équateur, bataille navale dans les eaux territoriales équatoriennes, incursions au Venezuela. Et toujours aucun résultat tangible par rapport à l’objectif affiché.

26/05/2005 : Quelque 1 100 nouveaux déplacés dans la province de Chocó

Quelque 1 100 personnes ont fui à nouveau les combats entre différents groupes armés irréguliers et l'armée colombienne, dans la province de Chocó, au nord-ouest de la Colombie, alerte l'agence des Nations Unies pour les réfugiés qui craint une catastrophe humanitaire dans le pays.

Quelque deux millions de personnes ont été déplacées par le conflit armé au cours des deux dernières décennies. Les jeunes colombiens, déplacés par le conflit, sont particulièrement vulnérables à la violence qui règne dans les villes de la banlieue de Bogota et dans d'autres régions du pays. De plus en plus, ces jeunes sont victimes de meurtres, d'exploitations et d'abus sexuels ou il sont enrôlés de force par des groupes armés.

25/05/2005 : Libération du fonctionnaire espagnol de la Commission Européenne

Carlos Ayala Saavedra, le fonctionnaire espagnol de la Commission Européenne dont on avait appris l'enlèvement par la guérilla colombienne, est revenu en Colombie après avoir été retrouvé au Vénézuela dimanche passé, ont indiqué aujourd'hui des sources officielles.

23/05/2005 : Yolanda Pulecio demande au Président colombien Uribe qu'il ne joue pas avec la vie des otages

Les proches d'Ingrid Betancourt, kidnappée en février 2002 par les Farc, ont exprimé leur préoccupation concernant les déclarations du Président Alvaro Uribe, lequel a ratifié l'ordre à la force publique d'effectuer le sauvetage des séquestrés par voie militaire.
Ces déclarations du président exprimées à Cali réveillent la préoccupation de la famille d'Ingrid Betancourt et des membres du Parti Verde Oxygeno.
Yolanda Pulecio, mère de la candidate dit : « Cet ordre du Président me surprend terriblement » et face à ce type d'opérations militaires, elle considère qu' « il n'existe aucune armée au monde qui puisse garantir la vie des otages dans une telle opération ".
" Ce serait la mort pour les séquestrés " affirme-t-elle et elle a demandé au Président « qu' il ne joue pas avec la vie des otages et ne les expose pas plus avec des opérations militaires "

22/05/2005 : Le président Álvaro Uribe insiste pour que le sauvetage des kidnappés se fasse par la voie militaire

Durant un Conseil communal du Gouvernement, à Cali, le président de la Colombie a ainsi répondu aux parents des otages des Farc.
« L'instruction que j'ai donnée à l'Armée et la Police est d'opérer un sauvetage », a dit le président.
« Je ne peux pas nier l'instruction (...), je n'aime pas mentir au peuple colombien », a signalé Uribe en faisant allusion à la préoccupation des familles à propos des tentatives de sauvetage des otages, la première s'étant soldée par un échec.
Mais Uribe a aussi rappelé aux familles que le Haut Commissaire pour la Paix, Luis Carlos Restrepo, est autorisé à gérer un accord humanitaire avec les rebelles.

21/05/2005 : L'Ex candidate présidentielle Ingrid Betancourt est traitée comme les guérilleros, affirme Raúl Rayes

Le chef guérillero n'a pas apporté de précisions sur l'état de santé de la politique kidnappée il y a trois ans par les Farc.
Rayes a indiqué que « la situation des prisonniers au pouvoir des Farc est bonne » et a assuré que le gouvernement « diffuse de fausses rumeurs à propos des prisonniers dans le but de confondre les familles et les amis ».
« Chaque fois que les prisonniers souffrent de problèmes de santé, ils reçoivent tout comme les guérilleros des soins appropriés et un traitement médical » a répondu Reyes depuis un campement dans les montagnes colombiennes.
« La situation d' Ingrid est identique à celle des autres prisonniers » a-t-il ajouté.

19/05/2005 : Parmi les personnes déplacées, les jeunes sont confrontées à la violence et sont des proies faciles pour le recrutement forcé, avertit le UNHCR

Les jeunes déplacés dans les villes de Colombie font face de plus en plus à des dangers comme des meurtres, des abus sexuel et le recrutement obligatoire par les groupes armés, a averti le Haut Commissariat aux réfugiés de l'Onu, qui a souligné le besoin d'une action urgente pour protéger et aider ces jeunes vulnérables.

18/05/2005 : Une ONG colombienne rapporte 14.500 crimes commis par les paramilitaires en 16 ans

La liste de ces crimes est reprise dans les registres de la Banque de Données des Droits Humains et de la Violence Politique du CINEP (Centre de Recherche et d'Éducation Populaire), qui les a compilés dans une étude volumineuse qui vient d'être présentée dans la capitale colombienne.

« Ce ne sont pas tous (les cas), mais nous avons identifié 14.476 crimes contre l'Humanité, perpétrés uniquement par les paramilitaires d'extrème droite», a souligné le père Giraldo, qui a observé que l'étude a été circonscrite aux trois types d'infraction mentionnés pour se focaliser uniquement sur les cas « clairement les plus graves ».

17/05/2005 : L'étrange fantasme brésilien d'une invasion internationale

Pour 75 % des Brésiliens, le Brésil risque d'être envahi «par un pays riche» qui voudrait mettre la main sur ses abondantes ressources naturelles. Bien des Brésiliens en sont convaincus : vu sa biodiversité et ses ressources minières et hydrauliques ­ (elle constitue le plus grand bassin d'eau douce au monde) ­ l'Amazonie, à cheval sur sept pays dont le Brésil (qui en détient 70 %), est la cible d'une convoitise internationale, en particulier américaine. Ainsi, le «plan Colombie» de lutte contre le narcotrafic dans ce pays, lancé par les Etats-Unis en 2000 et qui a assis leur influence militaire dans la région, ne serait que le paravent de leur intérêt pour les ressources de l'Amazonie.

16/05/2005 : Uribe "trompe" la France, selon les FARC

L'interview de Raul Reyes, dont nous vous donnions l'exclusivité le 7 mai, vient d'être publiée par AnnCol - agence de presse proche des Farc - et fait aujourd'hui l'objet d'un article dans "Le Nouvel Obs".

15/05/2005 : Désespoir des familles d'otages en Colombie

Vendredi, 6 000 photos des enfants d'Ingrid Betancourt devaient être dispersées dans la jungle colombienne. L'acte est symbolique d'une passivité du gouvernement Uribe à amorcer des négociations pour libérer les 1 600 otages retenus prisonniers par les guérilleros marxistes.

Si depuis plusieurs mois les FARC et le gouvernement ont émis la proposition d'un échange humanitaire, les deux camps ne parviennent pas à s'entendre ni sur le nombre de prisonniers et d'otages à inclure dans cet échange, ni sur ces modalités. La politique guerrière et les sabotages du gouvernement d'Alvaro Uribe n'ont cessé d'enliser un peu plus la situation et de rompre toute possibilité de négociation.

14/05/2005 : Le mari d'Ingrid Betancourt largue des photographies de ses enfants au-dessus des montagnes colombiennes

Le mari d'Ingrid Betancourt, détenue depuis plus de trois par les rebelles colombiens, a survolé vendredi en avion les montagnes du sud de la Colombie et largué des milliers de prospectus comportant les photographies des deux enfants de la sénatrice franco-colombienne.

14/05/2005 : "On ne baissera pas les bras"

Une interview de Corinne Vallerent, responsable régionale du comité de soutien à Ingrid Betancourt  :

13/05/2005 : La coca indéracinable en Colombie

Si les grandes puissances, les Etats-Unis en premier lieu, se sont posées comme leaders de la lutte contre la drogue, elles ont cependant d’autres visées géostratégiques dans ces affaires. Les Etats-Unis ont perdu leur base au Panama; le président du Venezuela refuse de collaborer avec les Américains. La Colombie est devenue pour les Américains, une zone stratégique dans la région.

Mais la politique antidrogue des Etats-Unis a des ratés en Colombie. La campagne , après des années de fumigation, n'a permis que de limiter les dégâts : selon les observations de la CIA, il y avait, fin 2004, 114 000 hectares de coca, soit... autant que douze mois plus tôt. Les paysans auraient replanté aussi vite que les avions aspergeaient leurs champs...

12/05/2005 : 6.000 photos des enfants d'Ingrid Betancourt dispersées dans la jungle

Juan Carlos Lecompte, le mari d'Ingrid Betancourt détenue par les FARC depuis plus de trois ans, survolera vendredi en avion les forêts du sud de la Colombie pour jeter des photos récentes des deux enfants de l'ex-candidate présidentielle.

Je souhaite que l'une de ces photos tombe entre les mains d'Ingrid qui n'a plus vu ses enfants depuis trois ans", a-t-il affirmé précisant son intention de lancer de l'avion 6.000 photos récentes, prises à Paris, des deux enfants d'Ingrid.

11/05/2005 : Colombie : lutte armée et réalités d’un conflit

Aujourd’hui, le discours officiel, de l’administration Uribe au département d’Etat états-unien en passant par plusieurs pays européens, est de qualifier les FARC de « narcoterroristes » et de les considérer comme de vulgaires bandits ayant perdu toute légitimité politique. Une vision fort simpliste et partisane qui écarte d’un revers de la main l’évolution d’un conflit dont l’issue semble peu probable à moyen terme. Pour Maurice Lemoine, rédacteur en chef adjoint au Monde diplomatique et fin connaisseur de la réalité colombienne, « on ne peut pas expliquer l’évolution des guérillas colombiennes si on ne suit pas en même temps l’évolution du contexte colombien, ce qui veut dire que les guérillas n’ont pas évolué d’une manière endogène mais par rapport à un contexte  ». Frédéric Lévêque et Isabelle Dos Reis ont rencontré le journaliste français en avril dernier à Paris. Il leur livre des propos plutôt politiquement incorrects.

10/05/2005 : Les petits trafics des militaires américains

Trafiquants de drogue, pornographes, mais aussi chauffards, et maintenant vendeurs d'armes aux escadrons de la mort... Ces derniers temps, les soldats américains en mission en Colombie se sont illustrés dans les affaires les plus sordides. Et à l'indignation générale, le scénario est invariable : protégés par une immunité diplomatique à toute épreuve, ils échappent systématiquement à la justice de ce pays.

09/05/2005 : Plus de 2.000 déplacés par les violences dans le nord-ouest de la Colombie

Plus de 2.000 personnes ont été déplacées par les violences qui font rage dans le nord-ouest de la Colombie, ont alerté samedi plusieurs agences des Nations unies au terme d'une visite sur la côte Pacifique.

Les Nations unies ont dénoncé l'aggravation de la situation "par l'intervention des groupes armés illégaux dans la région, en particulier les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie - guérilla marxiste, ndlr) et les paramilitaires du Bloc Elmer Cardenas, qui continuent de commettre de graves infractions au droit humanitaire international".

08/05/2005 : En Colombie, l'opposition et Amnesty dénoncent l'"impunité" promise aux paramilitaires

La guerre sans merci déclarée à la guérilla par Alvaro Uribe n'épargne pas les civils. Arrestations, contrôle du transport des aliments, restriction des ventes de médicaments sont devenus monnaie courante. Mais les "paras" (paramilitaires d'extrème droite) ne sont pas inquiétés.

Cette semaine, trois évêques du Choco, le département le plus pauvre du pays, sur la côte Pacifique, ont dénoncé la présence des paramilitaires et l'attitude permissive de l'armée. "Nous nous demandons, de plus en plus déconcertés : qui la force publique protège-t-elle, et qui combat-elle ?" , explique la lettre que les hommes d'Eglise et 47 organisations locales ont adressée au chef de l'Etat.

La loi "Justice et paix" qui est en passe d'être votée octroie aux paramilitaires démobilisés des réductions de peines, sans exiger qu'ils confessent leurs crimes, ni qu'ils rendent leurs terres et leurs fortunes mal acquises. Elle suscite des critiques virulentes de la part des organisations de défense des Droits de l'Homme, qui dénoncent une "paramilitarisation" organisée du pays. Amnesty International a parlé de "contrat d'impunité".

07/05/2005 : Les prisonniers sont désespérés

Dans une interview de Raul Reyes (non encore publiée) réalisée par le journaliste Dirk EMANUELSSON dans la jungle colombienne,  le numéro 2 des Farc dit en substance qu'il ne pense pas qu’un échange humanitaire puisse avoir lieu.

ndlr : cette interview a été finalement été publiée par AnnCol le 15mai 2005

06/05/2005 : Le panorama des kidnappings et disparitions forcées en Colombie est affligeant et dramatique, affirme la Croix Rouge

Dans son rapport annuel de 2004, le Comité International de cet organisme révèle qu'il a réussi à transmettre un seul message entre un otage et sa famille. Cet organisme humanitaire est peut-être le seul à effectuer ce genre de médiation, ce pourquoi l'information s'avère alarmante.
« Pour certains civils ceci signifie deux ou trois années sans rien savoir à propos de leurs proches », a dit hier, en présentant le rapport à la presse, Juan Pedro Schaerer, délégué en Colombie du Comité International de la Croix Rouge (Cicr).
De même, le Comité informe qu'en 2004 « ils ont libéré et rendu à leur famille seulement 13 otages ».

04/05/2005 : La difficile réinsertion des guérilleros

Avec huit cents démobilisés répartis sur vingt-deux foyers, la localité de Teusaquillo abrite à elle seule le quart des démobilisés entretenus à Bogota par les ministères de la Défense et de l'Intérieur. Hier encore ennemis mortels, ex-paramilitaires des Autodéfenses unies (AUC, extrême droite) et ex-guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) cohabitent tant bien que mal dans ces «auberges», parfois avec femmes et enfants.

03/05/2005 : les Indiens sous les tirs croisés de l'armée et de la guérilla

Massés dans le dépôt à grains du hameau de Belen, une trentaine d'Indiens nasas attendent en silence la tombée de la nuit. Et, «si Dieu le veut», une accalmie des combats. Voila cinq heures que les obus des guérilleros sifflent autour des drapeaux blancs hissés sur leur abri. Depuis un versant proche, les rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) propulsent leurs pipetas, ces redoutables bonbonnes de gaz bourrées d'explosifs, vers une escouade de soldats retranchée derrière des maisons en torchis.
Depuis la meurtrière attaque, à la mi-avril, du poste de police de Toribio, le chef lieu municipal, les affrontements entre les Farc et l'armée régulière embrasent ces montagnes du Cauca, dans le Sud colombien.

02/05/2005 : Le conflit armé a provoqué 61.997 déplacés et 1037 assassinats ce premier trimestre

Ces chiffres sont publiés par le Bureau de consultance pour les Droits Humains et le Déplacement (Codhes), dans son rapport sur la situation du pays.
Ceci veut dire, selon le rapport (intitulé « La politique de l'autruche »), que chaque jour 778 personnes sont déplacées et 11 perdent la vie, ce qui représente une augmentation de 10 pour cent par rapport au chiffre enregistré pour la même période en 2004.
Selon l' ONG, trois réalités sont à l'origine des déplacements : l'offensive gouvernementale contre les Farc, les violations du cesser le feu par les groupes paramilitaires et la fin du repli des Farc.
Le document Codhes dénonce le fait que le Gouvernement tente de diminuer l'indice des déplacements forcés au moyen « du rejet, de l'ignorance ou de l'invisibilité de la population déplacée ». Pour preuve, selon l'ONG, l'augmentation du pourcentage de personnes qui essayent d'entrer au registre de déplacement du Réseau de Solidarité Sociale et en sont rejetées.

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