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Plus de 2.000 personnes ont été déplacées par les violences qui font rage dans le nord-ouest de la Colombie, ont alerté samedi plusieurs agences des Nations unies au terme d'une visite sur la côte Pacifique.
"Dans la localité de Bojaya (département du Choco, nord-ouest) plus de 2.000 personnes des communautés afro-colombiennes se trouvent déplacées et entassées en quête de protection à Bellavista, chef-lieu municipal, dont la population totale (sans compter les réfugiés) est de 1.200 habitants", a déclaré l'ONU.
"La population civile déplacée compte plus de 600 fillettes et 500 garçons qui souffrent d'énormes carences", ajoute le communiqué de presse.
Les Nations unies ont dénoncé l'aggravation de la situation "par l'intervention des groupes armés illégaux dans la région, en particulier les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie - guérilla marxiste, ndlr) et les paramilitaires du Bloc Elmer Cardenas, qui continuent de commettre de graves infractions au droit humanitaire international".
Le communiqué est signé notamment du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), du bureau du Haut commissaire pour les réfugiés (HCR), du bureau du Haut commissaire pour les droits de l'Homme, du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et du Programme alimentaire mondial (PAM).
"La situation humanitaire et de sécurité alimentaire de cette population reste affectée négativement par les affrontements belliqueux continuels qui sont livrés dans le cadre du conflit armé interne", ajoute l'ONU, qui appelle l'Etat colombien à renforcer sa présence dans la région en matière de santé et d'éducation.
Le communiqué souligne que "quelque 4.000 indigènes refusent de quitter leurs terrtoires et sont en très grand danger face au feu croisé des groupes armés illégaux".
En mai 2002, au cours d'affrontements entre les FARC et les paramilitaires, 119 habitants de Bojaya qui s'étaient réfugiés dans une église avaient trouvé la mort et 45 avaient été blessés dans l'explosion d'une bombe lancée par les rebelles.
Ce drame, l'un des plus sanglants en quelque quarante ans de conflit en Colombie, avait déclenché une aide internationale et avait permis de révéler la situation des habitants du département de Choco qui, en plus de la pauvreté, subissent la violence. Ils se trouvent en effet dans un corridor stratégique pour les guérillas marxistes et les paramilitaires d'extrême-droite.