|
||||||
- D'informations, nous n'en avons aucune. Depuis deux ans la situation n'a pas évolué. Nous sommes sans nouvelles d'Ingrid, sans même un signe de vie. Les FARC affirment qu'elle est vivante et en bonne santé mais il n'existe aucun moyen concret de le vérifier. Nous sommes dans l'obligation de les croire si on veut garder l'espoir. La situation est bloquée d'autant plus que depuis deux ans les ravisseurs d'Ingrid ont été déclarés "groupe terroriste". Par conséquent le seul contact que nous ayons avec eux est celui des rares communiqués qu'ils publient.
Le lâcher de photos de Juan Carlos Lecompte ne donne-t-il pas davantage un sentiment de résignation plutôt que celui d'une action concrète en faveur d'une libération prochaine ?
- L'action de Juan Carlos est le fruit d'un homme désespéré, d'un homme qui a sa femme séquestrée depuis trois ans, dont deux sans aucune nouvelle. Alors, oui, forcément il en est réduit à des actions symboliques comme celle-ci. Mais ce n'est pas une action anodine.
Juan Carlos prend des risques aussi bien vis-à-vis des FARC que vis-à-vis du gouvernement colombien. C'est un homme qui gène depuis trois ans. Quelqu'un qui s'est présenté au salon du livre colombien en gilet par-balles… Il dérange car il médiatise une situation dont beaucoup de monde préférerait qu'elle soit tue. Mais il ne fait pas tout ça en vain. Son action va être saluée en juin prochain. Juan Carlos Lecompte va recevoir le "prix de la liberté" à Milan.
Gouvernement colombien et FARC affirment, tous deux, vouloir négocier la libération d'Ingrid Bétancourt. Que manque-t-il pour que ce pas essentiel soit franchi ?
- Derrière ce discours de façade il n'y a en réalité que peu de volonté. A chaque fois que l'un fait un pas en avant, l'autre en fait un en arrière. La libération des otages politiques dépend, en partie de la bonne volonté du président Alvaro Uribe. C'est le but du comité de soutien que de faire en sorte qu'il franchisse ce pas. Nous essayons de faire bouger les choses, en mobilisant les politiques notamment, pour que ceux-ci fassent pression sur le gouvernement et pour qu'à son tour il répercute cette pression sur le président colombien.
Mais le Quai d'Orsay n' pas changé de discours depuis trois ans, c'est toujours "on fait ce qu'on peut". Au jour d'aujourd'hui nous sommes désespérés, nous ne savons plus quoi faire. Cela fait tout de même trois ans que nous nous battons, mais on ne baissera pas les bras. Même si famille et comité de soutien sont résignés, on continuera le combat.