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Le gouvernement colombien a ordonné mercredi la capture du chef paramilitaire Diego Murillo pour des accusations d'homicide et l'a exclu de pourparlers lancés avec les milices de paramilitaires pour leur démobilisation d'ici 2006, selon un communiqué officiel.
"Le président a ordonné au directeur de la police, le général Jorge Daniel Castro, de capturer M. Murillo Bejarano, à l'intérieur ou à l'extérieur de la zone de Santa Fe de Ralito", a indiqué la présidence. Santa Fe de Ralito, dans le nord de la Colombie, est une zone neutre où se déroulent les négociations de paix entre gouvernement et paramilitaires.
Le communiqué a précisé que le président Alvaro Uribe a pris sa décision après le mandat d'arrêt lancé mardi par le parquet contre Diego Murillo, numéro trois des Autodéfenses unies de Colombie (AUC, extrême-droite), pour l'assassinat du député régional Orlando Benitez et de deux autres personnes.
Selon la radio privée Caracol, un commando policier escorté par des hélicoptères est déjà entré dans la zone de Santa Fe de Ralito pour capturer Murillo, qui est aussi réclamé par Washington.Avant que l'information sur l'ordre de capture ne soit confirmée, la parlementaire Rocio Arias, qui soutient les négociations de paix avec les paramilitaires, avait indiqué à l'AFP qu'une telle opération "serait très grave pour le processus de paix".
"M. Murillo doit comparaître devant la justice. Le processus de paix avec lui est suspendu", a souligné le porte-parole présidentiel Ricardo Galan en lisant le communiqué officiel. Il a précisé que "pour les autres participants aux pourparlers, le gouvernement est disposé à poursuivre le processus de paix à condition que le cessez-le-feu soit respecté".
Le gouvernement et les AUC ont entamé depuis deux ans des négociations qui ont permis la démobilisation d'environ 5.000 des 20.000 combattants des AUC, dont le démantèlement total est prévu d'ici 2006.
Mais le processus de paix et surtout l'impunité accordée aux chefs paramilitaires, accusés de plusieurs massacres de civils ces 20 dernières années, est régulièrement questionné par des organisations de défense des droits de l'homme et par des agences des Nations unies en Colombie.