|
||||||
Les déclarations de Nicolas Sarkozy concernant les négociations en cours pour la libération d'Ingrid Betancourt, femme politique franco-colombienne détenue par la guérilla des FARC depuis plus de cinq ans, "soulèvent des questions sur ce qui se trame autour des otages" affirme le quotidien colombien El Tiempo.
Le président français, qui s'est exprimé lors d'une conférence de presse à Madrid en présence du Premier ministre espagnol José Luis Zapatero, a affirmé que le "thème [des otages] était très complexe" et qu'il fallait être à la fois "patient, vigilant et rapide", ajoutant : "Nous ne sommes pas optimistes." Puis, mentionnant l'Espagne, les pays du G8 et le Brésil, il a affirmé que "toutes les interventions extérieures sont les bienvenues". "Pourquoi Sarkozy convoque-t-il les pays les plus puissants du monde ? D'autant qu'il ne donne aucune piste sur la collaboration demandée ?" s'interroge El Tiempo.
En Colombie, les informations sur le sujet sont pour le moins confuses. La sénatrice d'opposition Piedad Córdoba a annoncé mercredi soir que la libération d'Ingrid Betancourt était "imminente". Une annonce immédiatement démentie par le gouvernement. Le président Alvaro Uribe a pour sa part annoncé la semaine dernière qu'il allait libérer une centaine de guérilleros des FARC détenus dans les prisons colombiennes pour "des raisons d'Etat". Mais les FARC ont répondu qu'elles refusaient cette libération unilatérale, car elles exigent que l'"échange humanitaire" entre les otages politiques qu'elles détiennent et les guérilleros emprisonnés ait lieu simultanément, dans une zone préalablement démilitarisée et en présence d'observateurs internationaux.
"Il y a cependant beaucoup de signaux qui montrent que quelque chose bouge autour de l'échange humanitaire", souligne El Tiempo, en énumérant:
"1. Astrid Betancourt, la sœur d'Ingrid, qui a rencontré à la mi-mai Nicolas Sarkozy, s'est dite satisfaite de la manière dont la France gérait ce dossier.
2. La mère d'Ingrid, Yolanda, s'est dite, jeudi, 'plus tranquille et animée de nouvelles forces', suite à un entretien avec le président argentin Néstor Kirchner.
3. Carlos Lozano, directeur de l'hebdomadaire communiste La Voz et défenseur de l'idée d'un 'échange humanitaire', était à Paris la semaine dernière.
4. Le président Alvaro Uribe a envoyé Luis Carlos Restrepo, haut fonctionnaire chargé des négociations de paix, à Paris où il a été reçu par Nicolas Sarkozy."
Une preuve de vie ?
On apprend à l'instant que la présidence colombienne venait d'annoncer que Rodrigo Granda, dirigeant des Farc emprisonné qui avait refusé hier d'être libéré avec les autres, pourrait être autorisé à venir en France pour remettre aux autorités françaises une preuve de vie d'Ingrid Betancourt.
Plus d'infos dans ces pages dès qu'elles sont disponibles