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Rodrigo Granda, un rebelle en mission diplomatique

06/06/2007 - RFI, Libération, La Charente libre, Le Figaro, FR3, Diario Occidente

Rodrigo Granda a été libéré sans conditions, le 5 juin, par le président Uribe pour servir «d’intermédiaire de paix» avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

Jusqu’à sa capture à Caracas, au Venezuela, fin 2004, Granda assurait les relations extérieures des Farc dont il servait la cause auprès des formations politiques, des ONG, voire des pouvoirs établis où il parvenait à se ménager des entrées.

Et cela depuis qu’à la fin des années 80, il avait renoncé à ses fonctions de représentation du Parti communiste colombien (PCC) à Bogota pour échapper aux paramilitaires et rejoindre dans la guérilla son ancien camarade d’études à Berlin, Raul Reyes, actuel numéro deux et porte-parole des Farc.

Rompu à la diplomatie sinon au genre de mission de bons offices qu’attendent de lui les présidents colombien et français, Rodrigo Granda se drape dans sa loyauté à l’égard des Farc dont il a réitéré les exigences dès sa sortie de prison.

Tout juste libéré, Rodrigo Granda pose les conditions des négociations

A peine libéré, Rodrigo Granda a jeté un froid sur la perspective d'un dénouement rapide des négociations qui pourraient aboutir à la remise en liberté d'otages des Farc, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt. Ce chef de la rébellion colombienne, considéré comme le «ministre des affaires étrangères des Farc», a déclaré mardi que le président colombien, Alvaro Uribe, devait accepter avant tout accord sur les otages la démilitarisation d'une zone du pays réclamée par la rébellion.

«L'impératif du moment, c'est un échange humanitaire mais ce ne sera possible qu'avec la démilitarisation de Florida et de Pradera», a-t-il dit dans un enregistrement diffusé du siège de la Conférence épiscopale catholique à Bogota, où il se trouve depuis sa libération, lundi. Granda, qui a bénéficié d'une remise en liberté sur parole, a ajouté que son rôle futur dépendrait de la direction des Forces armées révolutionnaires de Colombie.

Sa libération a été interprétée à Bogota mais aussi à Paris comme un développement important dans le dossier des otages des Farc, dont Ingrid Betancourt, enlevée le 23 février 2002, et trois Américains (Marc Gonsalves, Thomas Howes et Keith Stansell). Les autorités colombiennes et françaises ont souligné qu'Uribe avait décidé d'élargir Granda à la demande du président français Nicolas Sarkozy.

Mardi soir, la France, l'Espagne et la Suisse ont exhorté les rebelles colombiens à répondre à sa remise en liberté en s'efforçant de conclure un accord pour la libération de Betancourt et des trois Américains. Ces employés d'une entreprise sous contrat avec le département américain de la Défense ont été capturés l'année suivante après l'accident de leur avion dans la jungle lors d'une opération d'éradication de plantations de drogue.

L'initiative de relâcher Granda et d'autres rebelles est intervenue alors même que les Farc avaient rejeté ce plan et réaffirmé qu'ils posaient le retrait des forces colombiennes d'une zone rurale entourant les villes de Florida et de Pradera, d'une superficie équivalente à celle de New York, comme condition préalable à toute discussion sur l'échange d'otages contre des guérilleros emprisonnés.

Granda a réaffirmé cette exigence, illustrant la complexité de la tâche qui attend Uribe s'il veut parvenir à un accord avec les Farc alors même qu'il s'est rendu populaire auprès de l'électorat par son intransigeance face à la rébellion et par son refus de retirer l'armée de cette zone. Au moment même où Uribe annonçait la libération de Granda, lundi soir à Bogota, les Farc enlevaient le capitaine Guillermo Javier Solorzano, commandant de la police de Florida.

Le journal de FR3 avec les interview de Fabrice et Mélanie Delloye, Astrid Betancourt, Yolanda Pulecio et sa soeur Marta (8 minutes, basse qualité, accessible par lignes à lent débit, streaming REAL. Le démarrage peut prendre une cinquantaine de secondes) > ou alors : télécharger en bonne qualité (38Mb)


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