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Le processus de libération de guérilleros des FARC enclenché

02/06/2007 - Le Temps, TF1, L'Express, Libération, Reuters, CM&, 24 Horas Libre

Le gouvernement colombien a entamé ce vendredi le processus de libération de rebelles des FARC (guérilla marxiste) avec le transfert d'un premier groupe de 40 prisonniers vers un centre de détention temporaire.

Le bureau du Haut commissaire pour la paix a annoncé que les guérilleros détenus dans une cinquantaine de prisons du pays seront regroupés vendredi vers le "centre de détention temporaire" de Chiquinquira (à 140 km au nord de Bogota).

Un premier groupe de 40 rebelles a été transféré en autocar vendredi à 06h35 locales (11h35 GMT) de la prison "La Modelo" de Bogota vers le centre de détention temporaire où seront regroupés par la suite 250 à 300 guérilleros, a déclaré à l'AFP un responsable de la direction des prisons (Inpec), Eduardo Morales.

Dans les prochaines heures, d'autres rebelles emprisonnés rejoindront Chiquinquira, a-t-il précisé. Toutefois, "leur présence à Chiquinquira sera transitoire et ils n'y resteront qu'une à deux semaines", a-t-il ajouté.

Vêtus en civil, les guérilleros transférés à Bogota, dont trois femmes avec un enfant de trois ans, sont montés dans les autobus le visage recouvert d'une serviette de bain afin de ne pas être reconnus de peur de représailles, a rapporté un journaliste de l'AFP. Les rebelles, qui portaient des paquetages avec leurs vêtements, ont également refusé de parler, toujours redoutant d'être identifiés.

Selon le ministre de l'Intérieur et de la Justice Carlos Holguin, plus de 180 rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) détenus seront libérés la semaine prochaine.

Il s'agit de personnes "soit condamnées pour des délits politiques, soit accusées de délits politiques", a-t-il ajouté. "Cet examen de leur situation juridique est pratiquement terminé" et, "une fois la grâce accordée, on demande à un juge d'ordonner la remise en liberté", a ajouté le ministre.

Les rebelles libérés doivent s'engager à ne pas rejoindre les rangs des FARC, et à intégrer le programme officiel de démobilisation.

Le "ministre des affaires étrangères" des FARC, Rodrigo Granda, "ne fait pas partie du groupe de guérilleros transférés", a indiqué M. Morales. Les médias avaient annoncé ces derniers jour que Rodrigo Granda serait l'insurgé de plus haut rang à profiter de la mesure de libération.

De nombreux guérilleros emprisonnés ont également rejeté ce processus affirmant, comme la direction des FARC, que la seule issue réaliste est une négociation entre les deux parties dans une zone démilitarisée en vue d'un échange de rebelles emprisonnés contre les otages détenus par la guérilla.

Raul Reyes, le numéro deux et porte-parole des FARC, a récemment qualifié de "farce" cette initiative et accuse le président "de dresser un nouvel écran de fumée" pour ne pas entamer de "vraies négociations" sur la libération des otages.

En prenant cette décision unilatérale de sortir de prison 200 à 300 prisonniers des FARC, le gouvernement du président Alvaro Uribe affirme vouloir obtenir un geste réciproque des rebelles envers les otages qu'ils détiennent.

Les FARC, principale guérilla colombienne avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 de leurs hommes emprisonnés en échange de 56 otages, dont trois Américains et la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, ex-candidate écologiste à la présidentielle colombienne, enlevée en 2002.


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