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Rodrigo Granda, le chef guérillero libéré par le président Alvaro Uribe début juin, a déclaré lors d'une interview publiée mercredi par le quotidien El Tiempo qu'il voulait rencontrer le secrétariat (instance dirigeante) des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).
«J'attends la première opportunité pour aller directement parler avec le secrétariat», a indiqué M. Granda.
Rodrigo Granda, qui purgeait une peine de prison, a étéremis en liberté le 4 juin par le président colombien Alvaro Uribe à la demande expresse du président français Nicolas Sarkozy.
«Il est nécessaire de s'asseoir et de parler (...) Il faut d'abord travailler en vue d'un échange humanitaire et de rapprochements qui nous permettent de trouver une issue politique au conflit», poursuit Granda.
Les FARC, première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération par le gouvernement colombien de 500 de leurs hommes en échange de 56 otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains.
Le rebelle déclare craindre pour sa sécurité. Indiquant qu'il pourrait séjourner «un ou deux ans» au siège de la Conférence épiscopale de Bogota où il vit depuis sa libération, Granda estime qu'il «y a beaucoup de gens qui souhaitent poursuivre le chemin de la guerre».
Selon lui, le dernier sommet du G8 a joué un rôle clef «en internationalisant» le conflit colombien. «Les huit pays les plus puissants de la terre», dit-il, «demandent maintenant, pas au gouvernement, pas aux FARC, mais aux deux parties, d'essayer de trouver une solution humanitaire».
Enfin, Rodrigo Granda qui vient de recevoir du gouvernement une carte d'identité et un passeport colombien, soutient qu'il n'a pas l'intention de quitter la Colombie. «Je ne rêve d'aucun pays en particulier», poursuit-il, démentant des rumeurs de départ imminent pour Cuba ou la France.