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C'est le n°2 des Forces armées révolutionnaires de Colombie qui l'assure. Raul Reyes réaffirme être prêt à négocier contre la libération de guérilleros.
Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) sont prêtes à relâcher 50 personnalités, dont Ingrid Betancourt, en échange de la remise en liberté de 500 guérilleros, affirme le numéro 2 des rebelles colombiens, Raul Reyes, dans une interview au quotidien français «L'Humanité» du 27 juin. Le commandant des Forces armées révolutionnaires de Colombie précise que l'otage franco-colombienne détenue depuis quatre ans «va bien, dans la mesure de l'environnement où elle se trouve».
Municipalités à démilitariser
Il réitère l'exigence des Farc d'une démilitarisation de deux municipalités, exigence que le président Alvaro Uribe a refusée jusqu'à présent, afin d'amorcer un processus d'accord humanitaire. «Nous aspirons à la réconciliation mais le président Uribe a rompu le dialogue», déplore-t-il.
Demandes irréalistes?
Il précise que les Farc «sont disposées à délivrer Ingrid Betancourt, les trois agents de la CIA, tous les commandants et les policiers retenus depuis six ans, des dirigeants politiques comme les députés du Valle del Cauca». «Cela concerne à peu près 50 personnalités», précise-t-il.
Raul Reyes souligne que les rebelles «demandent en échange la libération de tous les guérilleros et guérilleras qui, au moment de la signature de l'accord, se trouvent privés de liberté, y compris Simon Trinidad et Sonia, extradés aux Etats-Unis». «Les guérilleros, les prisonniers politiques et leurs familles respectives, tous attendent un accord humanitaire», insiste-t-il.
Selon Raul Reyes, Ingrid Betancourt, ex-candidate écologiste à l'élection présidentielle en Colombie, n'a pas été capturée «parce qu'elle est française ou pour des raisons économiques» mais pour obtenir la libération des guérilleros. «Ce n'est pas facile quand on est privé de liberté. Mais c'est une femme intelligente, affable», dit-il.
Discussions avec Paris
Le numéro 2 des Farc précise avoir parlé des blocages en vue d'un accord humanitaire «avec les pays amis comme la France et la Suisse», ainsi qu'avec le gouvernement espagnol. Le gouvernement français a récemment accepté de créer une cellule de crise officielle chargée d'oeuvrer à la libération d'Ingrid Betancourt. Le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, avait alors rappelé «la pleine mobilisation des plus hautes autorités de l'Etat et de l'ensemble du gouvernement français pour obtenir la libération» de l'otage franco-colombienne.
Il avait souligné que «les affaires d'otages devaient allier discrétion, détermination et unité d'action». Plus de 4000 personnes sont détenues dans la jungle par les Forces armées révolutionnaires de Colombie.
Lire l'interview de Raùl Reyes en entier :