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Accord humanitaire : on ne perd pas espoir !

17/06/2006 - Diario Occidente

Des protagonistes de l'accord humanitaire présentent leurs points de vue face au processus.

"Il est temps que le président Alvaro Uribe Vélez présente sa stratégie de paix", souligne Fabio Cardozo, l'ex "gestionnaire de Paix" de la Vallée, pendant la table ronde citoyenne sur  l'accord humanitaire organisée par le journal "Diario Occidente" et le "Noticiero del Pacífico" . Fabio Cardozo Montealegre insiste : "il y faut placer à nouveau le sujet de la paix au centre des objectifs nationaux. Nous ne pouvons pas continuer à parier sur une guerre sans merci qui occasionne à la Colombie des coûts énormes en matières politique, économique, et humanitaire. Essayons une stratégie de paix, mais il faut que le gouvernement manifeste clairement sa volonté de négociation politique  - commençant pour l'État par la présentation d'une stratégie de paix; et il faut évidemment espérer qu'il y aura une réponse dans la même direction des principaux acteurs du conflit : la guérilla des Farc ", résume Cardozo.

Selon lui, la concrétisation d'un accord humanitaire produirait un événement politique d'une telle dimension qu'il pourrait créer les conditions de confiance permettant la recherche d'une solution politique au conflit armé.

A cette discussion avaient aussi pris part le gestionnaire de paix de la Vallée, Angela María Giraldo, soeur de l'ex député kidnappé Francisco Javier Giraldo ;  le représentant du Groupe de la María, Claudia Aranda ; la conseillère municipale et épouse de l'ex député kidnappé Juan Carlos Narváez, Fabiola Perdomo ; le Père José González ;  Amparo Rico et son fils Pablo Emilio Romero, un des soldats kidnappés à San Vicente du Caguán par les Farc.

"La Société civile doit participer"
S'adressant tant au gouvernement national qu'à la guérilla et à la société civile, le Père José González insiste sur l'unité nécessaire pour travailler à un accord humanitaire.

"L'accord humanitaire n'est pas seulement l'affaire du gouvernement et des Farc, mais aussi de la société civile qui ne doit pas  baisser les bras", rappelle-t-il.

En outre, ajoute-t-il, "nous ne pouvons pas polariser encore plus le pays, le forcer à choisir entre les Farc ou le gouvernement. Non, nous devons plutôt essayer de les approcher plutôt que de les diviser, et exiger d'eux qu'ils concluent un accord humanitaire qui soit une ouverture pour des pourparlers de paix en Colombie ".

Aussi, il a proposé que s'il y avait de nouveaux faits de kidnapping, soit particuliers soit massifs, la société civile se prononce de manière ferme contre les acteurs qui sont responsables de ces kidnappings ".

Le prêtre a rappelé les paroles du président de la Conférence Épiscopale colombienne, Monseñor Luis Augusto Castro,  qui avait déclaré que "l'Église est toujours disponible pour servir de facilitateur", et à partir là "pour favoriser des rapprochements, parler avec les Farc pour que l'on puisse ouvrir des portes et esquisser un rapprochement avec le gouvernement national.

"Nous sommes d'accord avec le sauvetage"
Le Groupe la María, formée de parents des personnes kidnappées  par l'ELN dans l'église de la María, a toujours été d'accord avec le sauvetage des kidnappés par l'armée.

Madame Claudia Aranda s'est exprimée ainsi à la table ronde citoyenne : "tous nous avons des idées différentes en ce qui concerne l'accord humanitaire". Mais il faut travailler ensemble pour pouvoir arriver à un processus de paix".

La María lance une campagne de récolte de signatures en faveur des sauvetages militaires, après la libération des kidnappés du Kilomètre 18 et à l'heure actuelle l'association a déjà recueilli dans la Vallée du Cauca celles de 12 mille personnes qui souhaitent que, dans le cas d'un kidnapping, l'armée intervienne.

Madame Claudia Aranda  a affirmé que, toutefois, on ne devait pas perdre l'espoir parce que "la seule chose qui soutient la famille d'un séquestré, c'est l'idée qu'un jour, il va être libéré. Même si on n'est pas d'accord sur les moyens, il faut continuer à combattre pour que les kidnappés retrouvent la liberté ".

"Il y a des conditions nouvelles"
"Il est nécessaire de réaliser cet accord humanitaire, je pense que c'est le moment, car le gouvernement national a manifesté son intérêt et a changé d'attitude. Il y a quatre ans il disait qu'il allait en terminer militairement avec les Farc, mais à l'heure actuelle, il a ouvert les portes pour explorer les possibilités d'un processus de paix ", a déclaré Angela María Giraldo, gestionnaire de Paix de la Vallée.

La fonctionnaire a déclaré que les Farc  eux aussi doivent faire des concessions et  faciliter les conditions pour qu'il y ait un processus de négociation.

Pour le gestionnaire de paix, le premier pas pour une négociation avec la guérilla est l'accord humanitaire, parce qu'il aiderait à établir la confiance entre les parties. "Toutefois, il faut savoir évidemment que l'objectif de l'accord c'est uniquement d'alléger la souffrance des personnes."


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