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Reporters sans frontières est très préoccupée par les menaces qu’ont reçues par courrier électronique, le 7 juin 2006, 19 associations de défense des droits de l’homme et de la liberté de la presse, dont notre association partenaire la Fondation pour la liberté de la presse (FLIP). La lettre est signée par le Front Démocratique Colombie Libre, une organisation paramilitaire qui accuse les organisations de servir les intérêts des guérillas. Elle a déclaré l’ensemble de ces organisations “objectif militaire”.
Alors que le 9 juin, le président colombien Álvaro Uribe Vélez s’est engagé à combattre la résurgence de nouveaux groupes d’extrême droite, Reporters sans frontières appelle les autorités colombiennes à respecter leurs engagements et à tout mettre en oeuvre pour que les auteurs de ces menaces soient identifiés et punis. “Nous leur demandons d’examiner l’origine des courriers électroniques et de mener à bien une enquête exhaustive. Nous insistons, par ailleurs, sur la nécessité d’adopter des mesures pour assurer la sécurité des associations visées à qui nous apportons notre soutien”, a déclaré Reporters sans frontières.
Dans le message envoyé, le Front Démocratique Colombie Libre accuse les destinataires d’être des “révolutionnaires déguisés”. Il assure qu’“à partir de maintenant, vous aurez affaire à nous qui sommes présents sur plus de la moitié du territoire colombien (...). Nous ne tarderons pas à entrer en action au sein des grandes villes (...). Concernant Bogotá, nous allons y faire quelques petits tours cette semaine, qu’est-ce que vous ferez alors ? Continuerez-vous à crier ? Vous êtes déclarés objectif militaire (..).”
La directrice de Medios para la Paz (organisation créée pour améliorer l’information sur le conflit armé), Gloria Ortega Pérez, a déclaré à Reporters sans frontières que son organisation a choisi de continuer à “construire un journalisme responsable, à travailler pour la défense et la promotion de la liberté d’expression et de la presse”. Elle a souligné que, pour la première fois, des organisations de défense de la liberté de la presse étaient menacées.
Etant donné la gravité des menaces, Medios para la Paz a demandé au procureur général de la Nation, Mario Iguarán, de mener une enquête sur cette affaire. Elle a également sollicité le soutien du ministère de l’Intérieur à travers son programme de protection des journalistes.
Pour sa part, la Fondation pour la liberté de la presse va se réunir avec le programme de protection des journalistes du ministère de l’Intérieur pour évaluer la situation.