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Une solution pacifiste et négociée

23/06/2005 - La Libre Belgique

Le mari d'Ingrid Betancourt, Juan Carlos Lecompte Perez, était à Bruxelles mercredi. «J'aimerais qu'on en fasse autant pour Ingrid que pour Florence Aubenas», dit-il.

La libération de Florence Aubenas est-elle de bon augure pour le sort d'Ingrid Betancourt?

Je ne suis jamais allé en Irak, mais je pense que la situation est pire qu'en Colombie. Je ne comprends pas comment les otages, Florence Aubenas, Hussein Hanoun et les journalistes roumains, ont pu être libérés, alors que la situation en Irak est plus compliquée et plus dangereuse qu'en Colombie. Cela montre que la France et l'Union européenne pourraient faire quelque chose de plus pour les otages colombiens. Je ne sais pas et ne veux pas savoir comment ils ont réussi à libérer les otages en Irak, mais je veux qu'ils fassent quelque chose.

Pensez-vous que la médiatisation a un rôle important à jouer?

Quand j'étais en France en mars dernier, j'ai été impressionné par la mobilisation pour Florence Aubenas. Je dois dire que cinq mois de détention, ce n'est rien comparé aux quarante mois d'Ingrid Betancourt.

Pourtant, la mobilisation était plus forte, certainement parce qu'elle est journaliste et qu'il y a une solidarité dans la profession. J'aimerais que pour Ingrid on en fasse autant.

Que pensez-vous des méthodes répressives du Président colombien, Alvaro Uribe, pour traiter avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc)?

Le président Uribe voudrait libérer tous les otages par le biais de la force. Ces trois dernières années, il y a eu de multiples exemples de tentative, et l'on connaît le résultat: la guérilla les tue.

Ingrid est un otage politique, et non économique. Pour cela, il ne peut y avoir qu'une solution politique pacifiste, civilisée et négociée. Le Président dit qu'il ne veut pas parler avec des terroristes. Mais il y a une contradiction dans ses actes, car il parle avec les paramilitaires et scelle des accords avec eux. Alors qu'ils sont aussi des terroristes, des assassins et des preneurs d'otages. La grande différence est qu'ils sont de droite et pas de gauche.

Que pensez-vous du refus du président Uribe de démilitariser certaines zones, comme l'exigent les Farc avant tout échange humanitaire?

Il y a déjà un territoire démilitarisé pour parler avec les paramilitaires de droite dans la région de Cordoba, à Santa Fe de Realito. Pourquoi refuser de faire de même pour les Farc? C'est lui qui a créé le mouvement des paramilitaires quand il était gouverneur d'Antioquia (1995/1997). Il n'a pas la volonté de négocier avec les Farc.

Quelles seront vos prochaines actions?

J'ai rencontré lundi Bertrand Delanoë, maire de Paris, qui a accepté de se rendre en Colombie en septembre pour demander la libération d'Ingrid. Après quelques visites en Europe, je rentre en Colombie le 10 juillet pour préparer sa venue.

Quel est votre sentiment aujourd'hui?

Je me sens très profondément triste et déçu. Après plus de trois ans, c'est comme si Ingrid avait été enlevée hier.


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