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L'OIT enverra une mission en Colombie pour investiguer sur de possibles violations graves aux droits de travail.

10/06/2005 - Portafolio, OIT

Cette décision a été adoptée par la Commission d'Application des Normes de l'OIT, qui fonctionne comme un tribunal international et qui analyse chaque année la situation des 25 pays sur lesquels pèsent les accusations les plus alarmantes, selon le secrétaire général de la Confédération Générale du Travail de la Colombie (CGTC), Julio Roberto Gómez.

Ce leader syndical a participé aux sessions de cette Commission, qui s'est réunie à Genève dans le cadre de la Conférence annuelle de l'OIT.

La Commission a approuvé le voyage en Colombie du président du Comité de Libertés Syndicales de l'OIT, qui sera accompagné par des représentants des travailleurs et des employeurs du monde.

Gómez a exprimé son optimisme quant à la visite de cette délégation qui « plus que toute autre qui a visité la Colombie dans le passé, offre une garantie de pluralité » de par sa composition tripartite.

Il a indiqué qu'il s'agissait à la fois « d'une reconnaissance » de la gravité de la situation des droits syndicaux et d'un espoir de trouver « le début d'une solution ».

Le syndicaliste colombien a également affirmé qu'on pouvait espérer que cette délégation ait un impact réel sur la situation des travailleurs car en plus d'entamer un dialogue avec le Gouvernement, les syndicats et les fédérations patronales du pays, ses membres auront également des contacts avec le Pouvoir Judiciaire, le Ministère public et le Congrès.

En abordant la situation en Colombie, la Commission d'Application de Normes a aussi exprimé sa préoccupation pour la persistance de la violence dans ce pays, les assassinats de syndicalistes, les déplacements forcés et les menaces de licenciement de travailleurs.

Il a également soutenu que le Gouvernement de Bogota devait garantir l'exercice des libertés syndicales, et il a regretté que la restructuration d'entreprises entraîne le renvoi d'employés et contribue à l'affaiblissement des syndicats.

La Colombie est considérée comme un des pays les plus violents que le monde pour les dirigeants syndicaux et les chefs sociaux : les syndicats colombiens dénoncent régulièrement la  « violence sélective » dont ses membres font l'objet : selon les données de ces organisations, entre le 1er janvier et le 20 avril de cette année, 16 leaders syndicaux colombiens ont été assassinés, 123 ont été menacés de mort, 40 ont été arrêtés arbitrairement et 4 autres ont été kidnappés.

Les autorités colombiennes affirment que cette situation doit être considérée dans le contecte de violence généralisée que vit le pays, où on compte chaque année entre 30.000 et 40.000 morts violentes.

Des sources diplomatiques qui ont pris part aux délibérations de l'OIT ont déclaré que l'envoi de cette mission à la Colombie était très important parce qu'il révèlait « que le Gouvernement n'avait pas réussi à démontrer la bonne volonté qui lui a été demandée depuis plusieurs années » en matière de défense et de respect des droits syndicaux.

Il est prévu que cette affaire soit abordée la prochaine semaine dans une session plénière de la Conférence de l'OIT, qui devra lui donner son approbation finale.


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