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Un total de 1.603 membres de l'Armée colombienne font l'objet d'enquêtes concernant leur responsabilité présumée dans le meurtre de 812 personnes qui avaient été présentées comme des membres de groupes illégaux morts au combat, selon un rapport divulgué ce mardi.

Ces chiffres sont repris dans un rapport divulgué ce mardi par le journal El Tiempo de Bogota, qui a été remis par le Ministère Public colombien au Haut Commissariat de l'ONU pour les exécutions extrajudiciaires, Philip Alston, qui s'était récemment rendu en Colombie.
Au total, ce sont 698 dossiers qui concernent 301 officiers, 488 sous-officiers et 814 soldats appartenant à 32 brigades de l'Armée et à trois commandements d'opérations.
Selon ce rapport, la majorité des cas, connus en Colombie sous le nom de « faux positifs » - des meurtres présentés par les militaires comme le résultat de combats, dans le but d'en tirer des bénéfices et des récompenses, se sont produits dans les régions de Cundinamarca, Boyacá, Tolima et de Huila, dans le centre et le centre-ouest du pays.
Le Ministère public colombien enquête sur nombreuses plaintes concernant des disparitions et des exécutions extrajudiciaires par des membres de l'Armée, qui se sont produites surtout en 2008.
L'organisme a pu vérifier que plusieurs jeunes de quartiers pauvres de Bogota avaient été approchés avec des promesses de travail, puis transportés vers une région du nord-est du pays, où ils avaient ensuite été assassinés et présentés comme des guérilleros morts au combat.
Selon le ministère public, les victimes des « faux positifs » répondent à quatre profils. Le premier regroupe des personnes qui avaient été arrêtées par des patrouilles de l'Armée et qui avaient précédemment été soupçonnées de collaboration ou de sympathie pour des groupes en marge de la loi.
Un second profil correspond à des syndicalistes ou à des responsables communaux, dont l'identité ou la situation avait été transmise aux militaires par des délinquants ou des ex-paramilitaires démobilisés ou réinsérés.
On constate également une stratégie de « purification sociale », dans laquelle les victimes étaient des indigents, des personnes seules ou étrangères, et un quatrième profil est celui de personnes assassinées ou kidnappées par des groupes paramilitaires d'extrême droite, qui étaient ensuite livrées à des patrouilles de l'Armée.