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Des intellectuels étrangers dirigés par un prix Nobel pour la Paix demandent l'échange humanitaire

18/07/2009 - El Tiempo, UniVision, Caracol Radio, Colombia Reports

Dans une lettre, ils demandent au président Álvaro Uribe de concrétiser « la rencontre demandée par la sénatrice Piedad Cordoba, pour aborder les questions de fond sur le processus de libération ».

Une centaine d'académiciens de différents pays du monde, conduits par le prix Nobel de la Paix argentin Adolfo Pérez Esquivel, a diffusé une lettre dans laquelle ils invitent le gouvernement colombien et les Farc à avancer dans la consolidation de l'échange humanitaire.

Des ntellectuels comme François Houtart, professeur Emérite de l'Université de Louvain en Belgique ; James Petras professeur emérite de l'Université de Binghamton, E.U. ; et Bethléem Gopegui et Santiago Alba Rico, dEspagne approuvent l'option de dialogue proposée par Piedad Cordoba et par le groupe "Colombiennes et Colombiens pour la Paix". Ils sollicitent « les instances de décision dans l'Union Européenne, aux Etats-Unis, dans les pays amis de la paix en Colombie (...), pour qu'ils soutiennnent ce processus ».

La lettre

Nous, signataires de cette lettre de soutien, avons appris que le 8 juillet dernier, le gouvernement colombien a autorisé la médiation de la sénatrice Piedad Córdoba, leader du mouvement des « Colombiens et Colombiennes pour la Paix », dans le cadre du processus de libération des membres de la force publique retenus par les FARC-EP et de la remise des restes de trois d’entre eux morts en captivité. Ce même jour, Piedad Córdoba a demandé un rendez-vous au président Uribe, qui ne l’a pas encore reçue pour faire avancer ces dossiers. Malgré cette fin de non recevoir ou ce retard incompréhensible, l’autorisation de médiation peut non seulement représenter une avancée importante d’un point de vue humanitaire mais offrir également la perspective d’une construction de solutions politiques au conflit armé social et politique dont la Colombie est victime depuis plus de quatre décennies.

Nous évaluons également de manière positive le fait que la guérilla des FARC-EP ait démontré sa disposition à l’échange de prisonniers avec douze libérations unilatérales qui ont déjà eu lieu et avec l’engagement unilatéral de laisser en liberté le caporal Pablo Emilio Moncayo et le soldat José Daniel Calvo, ainsi qu’elle ait accepté la participation du Comité International de la Croix Rouge, de la hiérarchie de l’Eglise catholique et du professeur Gustavo Moncayo.

De plus, les FARC-EP ont renoncé à la zone de démilitarisation exigée depuis cinq ans dans les municipalités de Pradera et Florida (Département du Valle del Cauca). Ils ont nommé leurs porte-paroles pour l’échange, parmi lesquels se trouve un membre du Secrétariat, leur instance la plus importante ; ils ont demandé à ce que soit accordé un protocole de sécurité entre les parties et à ce que soit négociée la participation d’observateurs internationaux et la médiation de la Sénatrice Piedad Córdoba.

Parce que nous comprenons l’importance et la signification de cette possibilité :

Nous invitons le gouvernement colombien et la guérilla des FARC-EP à consolider cette approche, à continuer le processus de rapprochement en vue de l’échange humanitaire des militaires et policiers capturés par les FARC contre des prisonniers politiques détenus dans les prisons colombiennes.

Nous appelons le président Álvaro Uribe Vélez à réaliser la rencontre sollicitée par la Sénatrice Piedad Córdoba pour aborder les questions de fond sur ce processus de libérations.

Nous soutenons la Sénatrice Piedad Córdoba et, avec elle, les « Colombiens et Colombiennes pour la paix », initiative citoyenne de dialogue, de facilitation et de médiation, mouvement représentatif de la société colombienne qui recherche la paix dans la justice. Nous mettons à leur disposition notre solidarité, nos connaissances et bons offices, pour participer à l’humanisation du conflit et à la construction tant désirée d’une paix juste.

Aux différentes parties, nous exprimons avec respect notre détermination et notre disposition à collaborer à la possibilité d’une observation internationale, en matière d’application du droit humanitaire, de protection, d’accompagnement et de soutien, quand se concrétiseront des accords spécifiques, des accords de fond ou des accords logistiques. Ou a faire en sorte qu’ils se matérialisent et qu’ils évoluent.

Nous appelons les instances de décision de l’Union Européenne, des Etats-Unis, des pays amis de la paix en Colombie et les gouvernements latino américains, ainsi que les organes des Nations Unies, à soutenir ce processus et l’initiative citoyenne des « Colombiens et Colombiennes pour la Paix », et à contribuer à ce que soient développés les pas qui conduisent à des accords entre les parties.

Les dialogues pour l’humanisation du conflit et la paix en Colombie sont possibles. Ils sont une espérance pour son peuple, pour les victimes et pour l’humanité entière.


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