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Ingrid Betancourt heureuse de l'autorisation donnée à Piedad Cordoba

10/07/2009 - Radio Caracol, TeleSur

L'ex candidate présidentielle Ingrid Betancourt a envoyé un communiqué dans lequel elle déclare être heureuse de la décision du président Álvaro Uribe d'autoriser la médiation de la sénatrice Piedad Cordoba dans le processus de libération des kidnappés.

Ingrid Betancourt considère que cette décision offre des garanties pour le projet humanitaire de libération des kidnappés en pouvoir des Farc.

Elle a en outre souligné que le gouvernement réclame les corps des prisonniers morts en captivité, parce qu'il s'agit de dignité humaine.

Voici le texte complet du communiqué :

"Je suis très heureuse de l'annonce du Président. La participation de Piedad Cordoba est très importante et sa présence donne des garanties pour assurer la vie des kidnappés.

J'apprécie aussi qu'il réclame les corps qui restent enterrés dans la forêt. C'est une question de dignité humaine, de respect. Je suis sûre que ce geste permettra de guérir beaucoup de blessures. Je crois qu'il a raison de demander la libération de tous les otages. C'est quelque chose qui lui fait honneur et qui nous tranquillise.

D'autre part, et si je comprends bien, en demandant la simultanéité des libérations il n'exclut pas qu'elles se passent dans des emplacements différents, ce qui pourrait intéresser la guérilla. J'espère seulement que les intentions sont sérieuses et qu'on ne joue pas avec les sentiments des kidnappés et de leurs familles.

Nous avons vu trop souvent les parties se servir de détails pour justifier leur rejet de possibilités concrètes d'un accord. Nous jouons à ce jeu macabre depuis 13 ans déjà".

Luis Eladio Pérez : Les conditions d'Uribe ne recevront pas une réponse positive des FARC

« Je suis préoccupé du manque de volonté politique dans cette proposition, parce que le président de la République sait parfaitement que les FARC veulent un échange de leurs otages contre des guérilléros retenus prisonniers par l'Etat», a déclaré Pérez à la chaîne teleSUR.

Les conditions du président colombien, Álvaro Uribe, pour permettre la médiation de la sénatrice Piedad Cordoba dans le processus de libération du caporal Pablo Emilio Moncayo, retenu depuis 11 années par les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, FARC, n'auront pas une réponse positive de ce groupe insurgé.

C'est ce qu'a déclaré l'ex otage des FARC, Luis Eladio Pérez qui, dans une interview accordée à teleSUR, a en outre indiqué que Uribe doit bien évidemment savoir que le groupe rebelle a toujours manifesté sa volonté de mener à bien un échange humanitaire, qui comprend la libération des otages contre des prisonniers insurgés qui se trouvent dans des prisons colombiennes.

La FICIB : indignée

Dans un communiqué envoyé jeudi, la FICIB (Fédération Internationale des Comités LIBertad - ex comités Betancourt) considère que le geste du président Uribe d'autoriser la sénatrice Piedad Cordoba à intervenir dans le processus de libération de deux militaires détenus par les Farc, a le mérite de relancer la discussion sur un problème qui était bloqué depuis deux mois.

Elle constate cependant que les nouvelles conditions posées par le président, loin de faire avancer la solution du problème, pourraient au contraire créer de nouveaux blocages, et ont en tout cas pour effet immédiat d'entraver la libération de ces deux otages, pourtant promise par la guérilla en avril sans autre condition que de pouvoir les remettre à Piedad Cordoba et à Gustavo Moncayo, le père d'un des deux prisonniers libérables.

De plus, en exigeant la libération simultanée de l'ensemble des 24 otages, le Président Uribe écarte la tenue de négociations en vue d'un échange humanitaire entre otages et guérilleros capturés, comme le demande la guérilla. Il est donc difficile d'imaginer une réponse positive des FARC.

La FICIB s'indigne une fois de plus qu'aucune des parties concernées ne semble tenir compte de l'aspect humanitaire de la situation, mais qu'elles utilisent au contraire les otages comme de simples pions sur un échiquier, dans une partie dont les seuls enjeux semblent être d'en retirer des avantages politiques.


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