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Un policier détenu depuis 1997 par la guerilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxiste) est l'otage subissant la plus longue captivité au monde, selon des statistiques publiées dimanche 1er juillet, par une organisation humanitaire Pais Libre.
Selon Pais Libre, spécialisée dans le soutien aux victimes d'enlèvements, le policier colombien Emilio Moncayo a été capturé il y près de dix ans, le 21 décembre 1997, lors d'une attaque des FARC à Patascoy, au sud du pays, près de la frontière avec l'Equateur.
Une marche symbolique
La semaine dernière, le père de cet otage, Gustavo Moncayo, a entamé une marche de plus de mille kilomètres pour récolter des signatures en faveur d'une pétition réclamant un "échange humanitaire" entre les otages détenus par les FARC et les guerilleros emprisonnés par les autorités.
Emilio Moncayo fait partie d'un groupe d'otages, que les FARC se proposent de libérer, si le gouvernement du président Alvaro Uribe accepte notamment en échange la libération de 500 guerilleros emprisonnés.
Les FARC, première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, détiendraient un total de 765 otages, selon les chiffres de Pais libre, dont la franco-colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains.
Quelque 24.000 colombiens ont été kidnappés durant les 10 dernières années, et 3.143 sont encore détenus
Environ 24.000 personnes ont été kidnappées dans la dernière décennie en Colombie et, aujourd'hui, 3.143 sont encore détenus par différents groupes illégaux, parmi lesquels les Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (FARC), l'Armée de Libération Nationale (ELN) et les Auto-défenses Unies de Colombie (AUC).
La Colombie détient, en outre, le triste record mondial mondial en nombre de mineurs d'âge kidnappés, qui s'élève à 2.700 depuis 1996. Parmi ces 24.000 otages, 1.269 sont décédés alors qu'ils étaient privés de liberté -- ce chiffre comprend les 11 députés du département de la Vallée du Cauca qui étaient en pouvoir du FARC et qui ont été assassinés récemment, selon un rapport de recherche élaboré par le journal colombien 'le El Tiempo'. Une autre statistique dans laquelle la Colombie est malheureusement en tête, est celle du nombre de jours pendant lesquels un être humain est resté en captivité. C'est le cas du sergent de l'Armée, Pablo Emilio Moncayo, qui a été kidnappé depuis 3.479 jours, c'est-à-dire, neuf an et demi.
Emmanuel, le fils de Clara Rojas (cinq ans en captivité) est venu au monde dans accouchement réalisé par des membres des FARC. Avec eux se trouve l'ex candidate à la présidence de la Colombie, Íngrid Betancourt.
Les statistiques indiquent que durant les dernières 10 années, 6.772 personnes ont été kidnappées par les FARC, et 5.389 par l'ELN. Les AUC (paramilitaires), pour leur part, ont kidnappé 1.163 Colombiens et 5.105 autres ont été privés de liberté sans qu'on connaisse l'identité de leurs ravisseurs.
Le groupe le plus touché par les kidnappings de groupes illégaux a été les commerçants, avec 2.769 personnes, suivi des conducteurs (916). Pour leur part, 740 agriculteurs ont été privés de liberté, suivis de 503 étudiants, 454 politiciens et les 431 maîtresses de maison. 428 autres personnes ont disparu sans qu'on sache quel groupe les maintient en son pouvoir.
De ces 24.000 kidnappés, 4.422 ont été libérés vivants dans des opérations des Forces de sécurité colombiennes. Toutefois, certaines opérations de sauvetage ont échoué et c'est la raison pour laquelle les parents des séquestrés sont opposés à ces opérations
C'est ainsi que, par exemple, le gouverneur d'Antioquia, Guillermo Gaviria, les ex ministres Gilberto Echeverri et Consuela Araújo ainsi que Diana, la fille de l'ex président Julio César Turbay, sont décédés au cours de telles opérations.
Au contraire, des actions militaires programmées par l'État ont obtenu la libération de l'actuel vice-président de Colombie, Francisco Santos, l'ex ministre Maruja Pachón ou l'ex président Andres Pastrana. Ces trois personnes avaient été kidnappées par le narco-trafiquant décédé chef du cartel de Medellín, Pablo Escobar Gaviria.
Certains ont pu s'évader par leurs propres moyens : l'actuel ministre des Affaires Extérieures colombien, Fernando Araújo, après six années en pouvoir du FARC, qui a été nommé à ce poste un mois et demi après son évasion, et le subintendant de la police John Frank Pinchao qui a pu échapper aux FARC quelques jours après Araújo, après être resté neuf années en captivité.
l'Armée Populaire de Libération (EPL) n'a restitué le cadavre de l'éleveur Julio Calderón qu'en 1997, après contre une importante quantité d'argent.
Le premier kidnapping recensé en Colombie date de 31 janvier 1933, quand un enfant de trois ans, Elisa Eder, fille d'un industriel a été capturée. Son père, Harol Eder a donné 50.000 pesios de l'époque pour la récupérer. Trois décennies plus tard l'industriel a été assassiné lors d'une tentative d'enlèvement.
Le chef d'entreprise japonais Chikao Muramatsu a été kidnappé en 2001 par des ex policiers qui l'ont vendu aux FARC par une somme de 30 millions de pesos colombiens. Cette guérilla a ensuite demandé à la famille du Japonais une rançon de 25 millions de dollars (18.5 millions d'EURO), rançon considérée comme la plus importante dans l'histoire du pays, qui n'a servi qu'à récupérer son cadavre.
L'ELN pour sa part a kidnappé en 1989 monseñor Jesus Emilio Jaramillo, agé alors de 70 ans, et abattu quelques heures plus tard. Dix années plus tard, la même guérilla est entrée dans une église de Cali et a kidnappé 180 personnes; un mois plus tard, ce sont 46 occupants d'un avion qui voyageait de Bucaramanga à Bogota qui ont été capturés.
RÉACTION POPULAIRE
Jeudi prochain, une marche nationale est organisée pour exiger la fin des kidnappings. On estime qu'avec les enlèvements, la guérilla a obtenu, au cours des deux dernières décennies, plus de 2.000 millions de dollars (presque 1.480 millions de EURO).
Bien qu'on n'ait enregistré officiellement en 2007 que 184 kidnappings au cours des six premiers mois, l'année avec le nombre d'enlèvements le plus important a été 2001 avec 3.532 kidnappings, suivi de l'année 2000 avec 3.211.
Les statistiques officielles ont diminué depuis 2001, pendant le premier mandat présidentiel d'Álvaro Uribe. En 2002 il y avait 2.882 victimes directes et en 2006 le chiffre était de 687, selon 'Fodelibertad '.