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Nouveau témoignage sur la captivité d'Ingrid Betancourt

05/07/2007 - Cyberpresse

Ingrid Betancourt est-elle en vie ?  Dans la bande vidéo reçue hier, le soldat William Dominguez assure qu'il l'a rencontrée - mais sans fournir de dates. De plus,  le nom de ce soldat ne figure pas sur la liste des otages échangeables, dont Ingrid Betancourt et trois Américains font partie. Il n'apparaît pas non plus dans une liste très imprécise de quelque 1.300 autres otages retenus par les guérilleros... Après recherche, il aurait été capturé lors d'une patrouille en janvier de cette année. Ce qui démontrerait, si ce qu'il dit est exact, que sa rencontre avec Ingrid est assez récente...

Les guérilleros des FARC (marxistes) ont diffusé un nouveau témoignage sur l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, datant du mois d'octobre selon le journaliste qui a reçu la bande vidéo, et destiné à accréditer l'idée qu'elle était encore vivante récemment.

Les FARC ont fait parvenir mardi soir à Holman Morris, le correspondant de Radio France Internationale (RFI) et Al Jazeera en Colombie, une vidéo de sept soldats colombiens otages de la guérilla dans laquelle l'un d'eux affirme qu'Ingrid Betancourt est toujours vivante.

Dans ce document, le soldat William Dominguez assure, sans fournir de dates, qu'il a rencontré Ingrid Betancourt ainsi que son adjointe Clara Rojas et le fils de cette dernière.

«Les bombardements (de l'armée), les opérations militaires nous affectent beaucoup parce qu'ils mettent nos vies en péril. C'est pour cette raison qu'ils nous déplacent presque tous les jours» raconte le soldat Dominguez.

«C'est ainsi que je me suis retrouvé dans le camp où il y a le plus grand nombre de prisonniers de guerre et même quelques politiques comme (...) Ingrid, madame Clara et un enfant qui est toujours avec elles», poursuit-il en référence à Emmanuel, le fils que Clara Rojas a eu avec un guérillero.

Le nom de ce soldat ne figure pas sur la liste des 45 otages, dont Ingrid Betancourt et trois Américains, que les Forces armées révolutionnaires de Colombie, première guérilla du pays avec 17.000 hommes, réclament en échange de 500 guérilleros détenus par le gouvernement. Il n'apparaît pas non plus dans une liste très imprécise de quelque 1.300 autres otages retenus par les guérilleros.

Dans la vidéo, Dominguez déclare que les FARC traitent bien leurs prisonniers, affirmant notamment que «l'enfant a beaucoup de jouets que lui font les guérilleros» et qu'il «aime s'amuser avec eux».

«J'ai eu l'occasion de faire deux marches avec elles (Ingrid et Clara) et quand Clara était fatiguée de porter l'enfant, un guérillero offrait aimablement ses services pour l'aider», ajoute Dominguez.

En mai, le sous-officier John Frank Pinchao Blanco, ancien compagnon de détention d'Ingrid Betancourt, récemment évadé, avait déjà affirmé qu'elle était en vie et avait effectué cinq tentatives d'évasion.

Pinchao avait également indiqué qu'Ingrid était en bonne santé mais dormait, comme les hommes, attachée par une chaîne au cou.

Dans la vidéo d'une heure et demie, les soldats demandent au président Alvaro Uribe d'acccepter un échange de prisonniers.

Cette vidéo «ne saurait remplacer la présentation d'une preuve de vie» d'Ingrid Betancourt, a estimé mercredi à Paris le ministère français des Affaires étrangères.

Les FARC retiennent depuis le 23 février 2002 l'ex-candidate écologiste aux présidentielles et les dernières preuves de vie la concernant datent du mois d'août 2003.

Depuis, sa famille vit dans une angoisse permanente en dépit des affirmations du numéro deux des FARC, Raul Reyes, selon lesquelles la «doctora Ingrid va bien».

Le président Uribe a révélé mercredi s'être engagé auprès de ses homologues français Nicolas Sarkozy et américain George W. Bush à les informer préalablement en cas d'opération militaire pour libérer les otages.

«Si nous localisons les Nord-Américains séquestrés ou la doctora Ingrid Betancourt de nationalité française, avant de lancer une opération militaire contre la zone où ils sont détenus, nous informerons ces gouvernements et les écouterons», a déclaré le chef de l'État.

Auparavant le président avait réaffirmé qu'il ne pouvait «se plier» aux exigences des guérilleros pour conclure un accord humanitaire. «Il y a deux conditions sur lesquelles je ne peux pas céder: la démilitarisation d'un territoire et sortir de prison des gens (ndlr: guérilleros) qui vont reprendre leurs exactions», avait-il soutenu.

Les relations entre le gouvernement et les rebelles n'ont jamais été aussi tendues après l'annonce le 28 juin par les FARC que 11 des 12 députés provinciaux, leurs otages depuis 5 ans, avaient été tués «par des tirs croisés» avec un «groupe militaire non identifié».

Le gouvernement et l'armée avaient immédiatement démenti avoir mené une tentative de libération des otages par la force et accusé les rebelles d'assassinat.


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