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La guérilla colombienne des FARC a rejeté mercredi la demande de l'Organisation des États Américains (OEA) de lui remettre les corps des 11 députés otages morts en détention en juin et dément que les retards pour cette opération visent à ralentir l'enquête.
Le numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Raul Reyes, a justifié ce refus en arguant que «l'OEÀ souffre d'un déficit d'autorité et de confiance de la part de l'immense majorité des Colombiens», selon un entretien publié mercredi par l'agence Anncol, qui a l'habitude de relayer les informations diffusées par les rebelles.
En outre, Reyes dément que les FARC tardent à remettre les corps pour entraver les enquêtes externes sur les causes de la mort des otages.
«Notre souhait est de remettre les corps des députés et en même temps d'expliquer les tragiques conséquences de la politique obstinée de (du président Alvaro) Uribe de libérer par la force les prisonniers», précise-t-il dans l'entretien publié sur Internet.
Le président Uribe est régulièrement accusé par les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes) de vouloir cacher la véritable cause de la mort des otages.
Selon la guérilla, les 11 députés ont été tués le 18 juin par des tirs croisés lors d'une attaque contre ses campements, tandis que le président Uribe affirme qu'ils ont été assassinés et dément toute tentative d'opération militaire dans la vaste région du sud-est de la Colombie où les otages étaient supposés être retenus.
Les FARC avaient demandé la semaine dernière au Comité International de la Croix-Rouge (CICR) de recevoir les corps. L'organisme s'était déclaré prêt à mener l'opération à condition que la sécurité soit garantie par les rebelles et le gouvernement.
L'Organisation des États Américains (OEA) avait également proposé de participer à l'opération.
La mort des 11 députés réduit à 45 le nombre d'otages que les FARC ont proposé d'échanger contre des rebelles prisonniers. Parmi ces otages, on compte l'ancienne candidate à la présidentielle, la franco-colombienne Ingrid Betancourt ainsi que trois Américains.