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Des heurts confus qui se sont produits entre deux groupes de rebelles auraient conduit un de leurs chefs à ordonner l'exécution de 11 députés provinciaux qui étaient détenus en otages, le mois dernier, a affirmé samedi le patron des services de renseignements en Colombie.
Fin juin, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) avaient annoncé que les députés, enlevés en avril 2002 à Cali (sud-ouest), étaient morts dans une fusillade quand un "groupe militaire non identifié" a attaqué le camp où ils étaient détenus.
Le président colombien Alvaro Uribe avait démenti qu'une attaque militaire ait été lancée, accusant les rebelles d'avoir exécuté ces 11 otages.
Andres Penate, chef du DAS, les services de renseignements, a affirmé samedi lors d'une conférence de presse à Bogota que le 60e Front des FARC avaient tué les otages quand ils ont repéré une autre bande d'insurgés et qu'ils les ont pris pour une unité de l'armée.
«Selon les résultats de l'enquête du DAS, nous sommes certains que ce qu'affirment les FARC, à savoir que les députés auraient été assassinés au cours d'une opération présumée de mercenaires étrangers, est un mensonge», a-t-il ajouté.
Les FARC n'ont pas réagi à ces informations dans l'immédiat.
Selon M. Penate, des témoignages de rebelles déserteurs et l'interception de liaisons radio ont montré que le chef du 60e Front, connu sous le nom d'"El Grillo", a ordonné l'exécution des députés au cours de ces heurts avec le 29e Front, entre le 10 et le 16 juin, dans l'Etat de Narino (sud).
Les 11 députés décédés faisaient partie des 60 otages de grande valeur que les FARC espéraient échanger contre des rebelles prisonniers en Colombie ou aux Etats-Unis. Leur mort faisait craindre pour la vie du reste de ce groupe, et notamment celle de l'ancienne candidate à l'élection présidentielle colombienne Ingrid Betancourt. Cette Franco-colombienne a été enlevée par la guérilla d'extrême gauche le 23 février 2002, avec sa directrice de campagne Clara Rojas.