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La guérilla des FARC a fait part lundi de sa volonté de restituer les corps de 11 députés provinciaux pris en otages, permettant ainsi aux enquêteurs d'éclaicir les conditions de leur décès qui a fait descendre dans la rue des millions de Colombiens.
Les rebelles ont contacté le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour rendre les corps des otages, a déclaré lundi à l'AFP le porte-parole du CICR, Yves Heller, précisant que le gouvernement colombien avait donné son accord.
Le CICR a indiqué que la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) devait garantir la sécurité de la commission chargée de rapatrier les onze victimes. Toutefois, ajoute le CICR, qui "souhaite réaliser l'opération le plus rapidement possible, aucune date, ni aucun lieu n'ont encore été fixés".
Mme Ruby Jaramillo, l'épouse de Nacianceno Orozco, l'un des députés tué, a confirmé à l'AFP avoir été contactée par le CICR.
"Maintenant nous sommes dans l'attente que la guérilla comme le gouvernement colombien fassent les pas nécessaires pour que nous puissions récupérer les corps et commencer notre deuil". "Il y aura bientôt un mois que mon mari est mort", soupire-t-elle.
Les FARC, première guérilla du pays avec 17.000 hommes, réclament la libération par le gouvernement de 500 des leurs en échange de 45 otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains.
L'échange devait initialement porter sur 56 otages, mais le 28 juin, les FARC ont annoncé que 11 députés provinciaux retenus depuis cinq ans avaient été tués dix jours plus tôt "par des tirs croisés" avec un "groupe militaire non identifié".
Le gouvernement et l'armée avaient immédiatement démenti avoir mené une tentative de libération par la force et accusé les guérilleros d'avoir assassiné leurs otages.
Depuis la polémique entre les deux camps bat son plein.
Le président colombien Alvaro Uribe n'a de cesse d'accuser "les assassins des FARC" de refuser de livrer les corps, de crainte que les Colombiens ne découvrent que les députés ont été abattus de sang froid.
De leur côté, les rebelles affirment que l'armée colombienne a redoublé ses opérations, notamment aériennes, "dans le Sud occidental de la Colombie" (ndlr: vers la frontière brésilienne) afin d'empêcher la restitution des dépouilles des députés.
Cette polémique avait également éclaboussé le 1er juillet les pays médiateurs européens, la France, l'Espagne et la Suisse, accusés d'"irrespect" par le président colombien pour avoir "placé sur le même plan" son gouvernement et les FARC.
Dans une déclaration conjointe, les trois pays européens avaient recommandé de faire appel à une commission internationale pour enquêter sur la mort des otages.
"Nous ne pouvons pas accepter que ces trois délégués prétendent amener en Colombie une commission d'enquête de droit international pour des Etats en guerre. Ces trois messieurs oublient que nous ne sommes pas en état de guerre, mais un peuple démocratique victime du terrorisme", avait rétorqué M. Uribe.
Tous les jours depuis deux semaines, les familles des députés tués, soutenus par l'Eglise catholique, réclament sur les médias la restitution des corps de leurs proches afin de leur offrir une sépulture, provoquant une très vive émotion dans le pays.
Ainsi le 5 juillet, des millions de Colombiens se sont vêtus de blanc et ont marché dans les principales villes du pays pour réclamer la libération sans condition des quelque 3.000 personnes séquestrées.
Ces manifestations, déclenchées par l'annonce de la mort des onze députés provinciaux, ont été les plus importantes jamais survenues dans le pays.