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Mme Vallejo qui a décidé après 25 ans de silence de révéler dans un livre les liens entre l'Etat colombien et les narcotrafiquants, séjourne pour l'instant aux Etats-Unis car, dit-elle, "ma vie est désormais en danger".
Mme Virginia Vallejo, une ex-amante du plus célèbre trafiquant colombien Pablo Escobar, accuse une partie de la classe politique d'être encore au service des narcotrafiquants et de bénéficier d'une impunité totale.
Mme Vallero, ancienne journaliste vedette de la télévision colombienne, a révélé dans une interview à la chaîne de télévision privée RCN que les narcos contrôlaient, dans les années 1980-90, 60% du Congrès et que leur soutiens politiques sont encore puissants aujourd'hui.
"La classe politique reçoit depuis plus de 20 ans l'argent du trafic de drogue au nom duquel on assassine ce peuple avec plus de trois millions de personnes déplacées qui ne récupéreront jamais leurs biens et ne seront jamais indemnisées", affirme Mme Vallejo.
Commentant l'actuel procès du député libéral Alberto Santofimio, accusé d'être le mandataire de l'assassinat du dirigeant Luis Carlos Galan (1989), Mme Vallejo est formelle: "l'homme est un assassin".
"La seule chose qu'il n'ait pas faite, c'est d'appuyer sur la gâchette", poursuit-elle affirmant avoir entendu à 17 reprises Alberto Santofimio demander à Pablo Escobar d'assassiner Galan, grand favori aux élections présidentielles de 1990.
Mme Vallejo accuse également deux anciens présidents colombiens d'avoir bénéficié des mannes des grands cartels de la drogue, dont Ernesto Samper, interdit de séjour aux Etats Unis pour ses liens présumés avec les narcos et pressenti récemment par l'actuel gouvernement pour occuper l'ambassade de Colombie en France.
Un avion de l'ambassade US a été affrété la semaine dernière pour que Mme Vallejo puisse témoigner devant la justice américaine. En Colombie, le procureur général refuse de prendre en compte ses accusations très précises dans le procès de Santofimio, invoquant des difficultés juridiques.
Mme Vallejo qui a décidé après 25 ans de silence de révéler dans un livre les liens entre l'Etat colombien et les narcotrafiquants, séjourne pour l'instant aux Etats-Unis car, dit-elle, "ma vie est désormais en danger".