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Misère et désespoir pour 1300 indiens fuyant des combats

29/07/2006 - Tageblatt, Canal Z, IndyMedia, CM&, Washington Post

Quelque 1.300 indiens colombiens survivent dans des conditions misérables, réfugiés dans un village proche de la frontière avec l'Equateur, après avoir fui leurs terres où l'armée et la guérilla s'affrontent depuis 17 jours.

"A cause des hommes armés, on a dû s'enfuir de la montagne avec les enfants dans les bras et sans rien emporter", témoigne Noralba, une jeune mère de 20 ans.

Les déplacés ont commencé à arriver à Ricaurte le 12 juillet, après cinq heures de marche épuisante pour se mettre à l'abri des tirs et des bombes.

Au début, ils étaient 250 indiens de la tribu Awa à trouver refuge à Ricaurte. Mais chaque jour, d'autres déplacés arrivent, surtout des femmes, des enfants et des vieillards: les hommes sont restés au village, pour protéger leurs maigres biens.

Ils sont maintenant 1.300, le visage assombri par la peur et la misère, à se serrer dans les logements improvisés. Des petits matelas ont été disposés sur le sol humide de l'école publique du village, mais l'espace et les couvertures manquent. L'air y est pesant et nauséabond. Ils sont plus de mille, mais n'ont accès qu'à six douches et quelques rares toilettes.

"Je veux rentrer chez moi, parce qu'ici, il n'y a rien à faire et les enfants sont malades", explique timidement Carmelina, en donnant le sein à son nouveau-né. Elle a 15 ans. Comme elle, deux autres femmes -des adolescentes- ont accouché il y a peu. Aujourd'hui, elles errent dans Ricaurte avec leur bébé dans les bras, sans savoir quand elles pourront repartir.

L'exode des Awa a débuté le 11 juillet, lorsque l'armée colombienne a attaqué la guérilla des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC, marxiste) sur les territoires de la communauté. Personne ne sait quelle sera la durée de l'opération militaire.

La situation est "grave" et "calamiteuse", a reconnu Roberto Meier, représentant en Colombie du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), venu de Bogota pour témoigner des conditions de vie actuelles des indiens déplacés.

"3.500 Awas se trouvent encore dans la zone du conflit, certains d'entre eux sont bloqués par les échanges de tirs, alors les autres ont décidé de rester pour s'occuper du bétail et des cultures", a précisé le chef de la communauté indienne Eder Burgos.

Le maire de Ricaurte, Carlos Alberto Ortiz -aussi membre de la tribu Awa- a demandé l'aide internationale au représentant du UNHCR pour nourrir les déplacés. Jusqu'à présent, ils ont reçu le minimum vital grâce à la Croix-Rouge et au gouvernement colombien, mais les réserves de la municipalité sont en train de s'épuiser, a-t-il déclaré.

Pendant ce temps, la police surveille les alentours du village, pour éviter une attaque des FARC, basés dans les montagnes avoisinantes.

Principale organisation clandestine de Colombie, les FARC, 17.000 hommes, réclament la libération de 500 prisonniers en échange de 59 personnalités militaires et politiques, dont trois Américains et la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, 44 ans, ancienne candidate des Verts à la présidence colombienne, enlevée le 23 février 2002.


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