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La Colombie n'autorisera plus de missions internationales pour tenter d'obtenir la libération des otages de la guérilla, après l'échec de l'opération menée sous l'égide du président vénézuélien, Hugo Chavez. Le ministre des affaires étrangères, Fernando Araujo, a expliqué, lundi 7 janvier, quecette décision avait été prise en raison de l'attitude défiante des délégués de la mission internationale qui a échoué fin décembre 2007. "La mission que le gouvernement du Venezuela a organisée laisse un goût amer. Elle n'a servi qu'à critiquer le gouvernement et peut-être à diffuser la propagande des FARC", a-t-il déclaré. "De telles missions ne doivent pas se répéter."
L'opération d'Hugo Chavez devait aboutir à la libération de trois otages dans les derniers jours de l'année 2007, mais après plusieurs jours d'attente, les délégués internationaux ont dû admettre l'échec de la mission. Bogota et les Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC) se sont rejeté mutuellement la responsabilité, le gouvernement soulignant les "mensonges incohérents" des guérilleros sur le sort d'Emmanuel, l'enfant de Clara Rojas, né en captivité. Emmanuel devait être libéré en compagnie de sa mère et d'une ancienne sénatrice colombienne, mais les rebelles ont reconnu qu'ils ne le détenaient plus et ont accusé Bogota de l'avoir enlevé pour faire échouer la libération des otages.
VERS UNE EXFILTRATION "CLANDESTINE"
L'Argentine, qui participait à cette opération, s'est dite "surprise" et "étonnée" par le refus de la Colombie d'autoriser une nouvelle médiation internationale. "La déclaration de M. Araujo est contradictoire avec ce qu'a exprimé le président Alvaro Uribe auprès de l'ex-président [argentin] Nestor Kirchner et à d'autres membres de la mission humanitaire internationale", a-t-on déclaré au ministère des affaires argentins.
Malgré l'échec de son opération, Hugo Chavez a déclaré dimanche qu'il attendait toujours que les responsables des FARC entrent en contact avec lui. "Nous espérons encore un signal pour accueillir ou aider à la libération des deux femmes [Clara Rojas et Consuelo Gonzalez] et de tous les prisonniers", a annoncé le président dans son programme radio-télévisé "Allo, Président".
L'ancien mari d'Ingrid Betancourt, Fabrice Delloye, a indiqué, lundi, placer tous ses espoirs dans une "opération clandestine d'exfiltration des otages vers le Venezuela". Pour le père des deux enfants de l'otage franco-colombienne, "le président Hugo Chavez peut demander aux FARC des concessions supplémentaires, car la guérilla a besoin de lui pour assurer sa logistique".
Le conseiller du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, chargé de suivre pour Brasilia l'opération de récupération des trois otages de la guérilla colombienne, Marco Aurelio Garcia, s'est déclaré favorable à une démarche clandestine, privilégiant "l'efficacité". Le haut commisaire pour la paix colombien, Luis Carlos Restrepo, a de son côté prévenu qu'une opération clandestine "ne pouvait être tolérée".