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Les deux ex-otages colombiennes Clara Rojas et Consuelo Gonzales, libérées jeudi par les rebelles colombiens des Farc, ont atterri à l'aéroport de Caracas. Souriantes, les deux femmes ont retrouvé leurs familles venues les accueillir avec des fleurs à l'aéroport de la capitale vénézuélienne.
Remises par les rebelles marxistes à une équipe de la Croix-Rouge près de San José del Guaviare, dans la jungle colombienne, elles ont été conduites tout d'abord à Santo Domingo, au Venezuela, à bord de deux hélicoptères.
De là, elles ont été transférées à bord d'un petit avion à destination de Caracas, où elles sont arrivées en fin d'après-midi.
Clara Rojas, 44 ans, ex-directrice de campagne d'Ingrid Betancourt toujours détenue par les rebelles, avait été enlevée avec la Franco-Colombienne le 23 février 2002. Ex-parlementaire, Gonzalez, 57 ans, avait été capturée l'année précédente.
Cette libération intervient une dizaine de jours après le fiasco d'une première tentative de sauvetage menée par le président vénézuélien Hugo Chavez.
Ce dernier, lors d'une allocution au palais présidentiel de Caracas, a annoncé la libération en milieu de journée. Il a précisé avoir parlé par téléphone aux deux femmes, ajoutant que celles-ci étaient en bonne santé.
"Je leur ai dit à toutes les deux: bienvenue dans la vie!".
L'armée colombienne avait suspendu ses opérations dans la jungle de la région de San José del Guaviare pour permettre le bon déroulement de la mission.
UNE PREMIERE AVANCEE
Cette libération constitue la première percée importante depuis des années et devrait renforcer la position de Chavez et de son homologue colombien Alvaro Uribe, qui s'opposent depuis des semaines sur la manière d'obtenir la liberté des centaines d'otages des Farc.
Chavez avait négocié à la fin de l'an dernier avec les Farc un accord portant sur la libération des deux femmes et du petit garçon que Clara Rojas a mis au monde en captivité, mais cet accord a échoué et il est apparu que l'enfant était déjà sous la garde des services sociaux colombiens.
A Paris, le président Nicolas Sarkozy a jugé que ces libérations étaient "un grand encouragement à persévérer" dans les efforts pour obtenir celle des autres otages, dont Ingrid Betancourt.
"Aujourd'hui, ces efforts produisent des premiers résultats", a-t-il dit. "Je veux remercier le président Chavez, je veux remercier le président Uribe, je veux remercier tous ceux qui se préoccupent de la situation dramatique dans laquelle se trouvent ces otages et notamment Ingrid Betancourt."
Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a aussi remercié "Hugo Chavez pour son engagement, les autorités colombiennes pour leur pleine coopération" et les autres pays qui, avec la France, "se sont associés à cette action collective."
L'ancien mari de Betancourt, lui, a estimé qu'avec la libération de Clara Rojas et Consuelo Gonzales, "c'est un peu Ingrid qui est libérée".
"Nous ne pouvons que nous réjouir que les présidents Chavez et Uribe aient trouvé la possibilité de dialoguer ensemble pour faciliter cette libération", a dit Fabrice Delloye à Reuters.
WASHINGTON ADMET A CONTRECOEUR LE ROLE DE CHAVEZ
Washington, pour sa part, a reconnu à contrecoeur le rôle joué par Chavez et ne semble pas disposé à demander directement son aide pour récupérer trois Américains encore aux mains des rebelles dans la jungle colombienne.
Le porte-parole du département d'Etat Tom Casey a salué les libérations mais a tout juste cité le nom du président vénézuélien, qui ne manque aucune occasion de critiquer les Etats-Unis. Il a au contraire souligné le rôle du gouvernement colombien, allié de Washington.
"Nous saluons la libération de ces deux otages. Nous avons également apprécié les initiatives du président Uribe pour obtenir ces libérations et saluons les bons offices de tous ceux qui y ont aidé, en coopération avec le gouvernement colombien", a dit Casey.
"Je pense que tous ceux, y compris le président Chavez (...), qui ont un rôle positif à jouer et appuient les efforts du président Uribe et du gouvernement colombien, sont les bienvenus", a-t-il ajouté.
Prié de dire si Washington voulait collaborer avec Chavez pour obtenir la libération des otages américains, il a simplement répondu: "Nous continuons à travailler avec le gouvernement de Colombie. Ce gouvernement et le président Uribe sont en fin de compte ceux qui sont responsables de ce qui peut être fait".
L'échec de l'opération très médiatisée de décembre avait encore envenimé les relations entre Chavez et le président colombien conservateur.
Chavez et les dirigeants des Farc avaient alors accusé Uribe d'avoir torpillé la mission en poursuivant des opérations militaires dans la région. Uribe a rejeté ces allégations et les autorités colombiennes ont affirmé que les Farc avaient trompé Chavez.
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