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Astrid Betancourt interviewée par Le Parisien
Quelle est votre première réaction après la libération de Clara Rojas et de Consuelo Gonzalez ?
Astrid Betancourt. Une immense émotion. Ce qui vient de se passer est vraiment majeur. Clara est davantage que la collaboratrice de ma soeur : c'est une amie proche. Nous la voyions souvent. Et surtout, elle avait choisi de rester avec Ingrid quand elle a été enlevée, alors que la guérilla lui avait proposé de la relâcher.
Qui remerciez-vous ?
Nous remercions la volonté sans faille du président Chávez et de la médiatrice colombienne, la sénatrice Piedad Cordoba. Ils n'ont pas baissé les bras. Ils ont persévéré malgré tout le mal qu'a dit d'eux la presse colombienne. Ce sont eux, en priorité, que je remercie de tout mon coeur.
Quelles sont selon vous les raisons de l'échec de l'opération de libération en décembre ?
Le président colombien Alvaro Uribe a fait capoter l'opération. Preuve en est l'épisode d'Emmanuel (NDLR : le fils que Clara Rojas a eu d'un guérillero et que l'on a retrouvé dans un foyer en Colombie) . Uribe a lâché le morceau sur le petit garçon et il est possible que cette information ait tout fait rater. Si Uribe avait agi avec plus de discrétion, tout se serait sans doute mieux passé.
« Les Farc ne mentent pas »
Ce n'est doncpas l'hypermédiatisation de l'opération qui est en cause ?
La préparation, les contacts doivent être discrets. Car pour des raisons de sécurité, les Farc sont très méfiants et hésitent à utiliser des moyens de communication. Une fois que la négociation a abouti, il n'y a plus de raison de garder le secret. Chávez a eu le contact, indispensable et nécessaire, avec la guérilla. Ensuite, la Croix-Rouge a pris les choses en main.
Vous faites donc confiance aux Farc ?
Si je condamne leurs actions, je n'ai jamais douté de leurs promesses. Ils ont une sorte de déontologie, malgré leur cruauté. Ils ne mentent pas. C'est Uribe qui manipule la vérité.
Croyez-vous la libération d'Ingrid proche ?
Le terrain a été déblayé. Il faut continuer. Chávez continue le dialogue qu'il entretient avec les Farc. Je compte beaucoup sur l'aide de la France, car Ingrid est française. Le poids et le rôle de la France vont être déterminants. Il faut obtenir cet accord humanitaire qui va permettre la libération d'Ingrid et des autres otages.
Intervention de Mélanie Delloye à RTL
La fille d'Ingrid Betancourt a accueilli avec émotion et espoir la libération par les rebelles des Farc de deux otages colombiennes qu'ils détenaient, dont Clara Rojas, enlevée avec sa mère il y a six ans.
S'exprimant de New York au micro de RTL, Mélanie Betancourt s'est dite "extrêmement émue" et a considéré que la remise en liberté de Clara Rojas et Consuelo Gonzalez représentait "un grand moment d'espoir possible pour nous tous".
"C'est la première fois qu'on se dit qu'on peut réussir", à savoir obtenir la libération de sa mère, la Franco-Colombienne dont le sort est pour le président Nicolas Sarkozy une des priorités de la diplomatie française.
Leur libération montre "qu'il n'y a pas de fatalité, les otages qui sont dans cette jungle ne sont pas condamnés à y mourir", a ajouté Mélanie Betancourt.