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Le président colombien Alvaro Uribe a rétabli la médiation de la France, de l'Espagne et de la Suisse en vue d'obtenir la libération des 44 otages politiques des FARC, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.
L'annonce survientquelques heures avant le départ pour l'Europe du chef de l'Etat colombien, qui est attendu en France, en Belgique, en Espagne et en Suisse dans le cadre d'une offensive diplomatique pour obtenir le maintien des Forces armées révolutionnaires de Colombie sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne.
"Nous avions suspendu il y a quelques mois la (mission de) facilitation de délégués de la Suisse, de l'Espagne et de la France. Il y a deux jours, nous l'avons réactivée (...) Les facilitateurs sont de nouveau autorisés par le gouvernement national", a-t-il dit lors d'une réunion dans la ville de Vistahermosa.
Uribe a également apporté son soutien à l'action menée par l'Eglise catholique pour la mise en place d'une "zone de rencontre", territoire démilitarisé que les FARC exigent pour négocier la libération de leurs otages contre un demi-millier de guérilléros détenus par les autorités colombiennes.
Le président colombien avait suspendu en novembre la médiation confiée à son homologue vénézuélien Hugo Chavez, accusé par Bogota de donner une plateforme politique internationale aux rebelles des FARC. Chavez avait réagi en accusant Uribe de ne pas rechercher la paix et d'être au service des Etats-Unis.
Mais la crise des otages des FARC a connu le 10 janvier un rebondissement avec la libération orchestrée par Chavez de Clara Rojas, ex-directrice de campagne de Betancourt enlevée à ses côtés en février 2002, et de Consuelo Gonzalez, une parlementaire capturée l'année précédente.
Chavez a depuis sommé la Colombie et la communauté internationale de retirer de la liste des organisations terroristes les FARC et l'autre mouvement colombien de guérilla, l'Armée de libération nationale (ELN).
Les FARC réclament la démilitarisation d'une zone de 780 km² autour des localités de Florida et Pradera, près de Cali, pour négocier un "accord humanitaire" qui ouvrirait la voie à un règlement de la crise des otages.
Le gouvernement colombien refuse de retirer l'armée et la police d'une zone d'une telle superficie, comparable à la ville de New York. Il a accepté en revanche la proposition émise en décembre 2005 par le trio européen (France, Suisse et Espagne) de démilitariser une zone plus réduite de 150 km² où aucun homme en arme ne serait autorisé à entrer et où des observateurs internationaux seraient déployés. Les FARC s'y opposent.
Selon les proches d'Ingrid Betancourt, Alvaro Uribe devrait rencontrer lundi Nicolas Sarkozy Alvaro Uribe. L'Elysée se refuse à confirmer ou à infirmer l'information.