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Les bouleversantes "preuves de vie" des compagnons de captivité de Clara Rojas et Consuelo Gonzalez

17/01/2008 - Nouvel Obs, CyberPresse, AFP, La Nueva España, Intnl Herald Tribune

Les deux otages colombiennes libérées par les FARC ont ramené des lettres de leurs huit compagnons de captivité, dont certaines, bouleversantes, ont été rendues publiques mercredi par leurs proches. Comme celle du colonel de la police Luis Mendieta, séquestré depuis neuf ans, qui évoque "une souffrance sans limites".

La Colombie "est le seul pays au monde où tant de gens sont retenus otages depuis tant de temps", a dénoncé mercredi Maria Teresa Paredes de Mendieta, son épouse, les yeux rougis d'avoir tant pleuré à la lecture de ces "preuves de vie" de son mari, les premières depuis cinq ans.

Selon le gouvernement colombien, quelque 750 personnes sont toujours aux mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie. Les huit otages dont Clara Rojas et Consuelo Gonzalez ont ramené des "preuves de vie" font partie du groupe des 44 'politiques' que les FARC veulent échanger contre des centaines de guérilleros emprisonnés.

Jenny, 21 ans, la fille du colonel, a lu sur radio Caracol la missive de son père: "ces dernières années, nous avons cru atteindre le fond de la souffrance. Mais après neuf, huit, sept années de captivité, nous sommes arrivés à la conclusion que la souffrance provoquée par la séquestration est sans limites".

Le colonel Mendieta évoque aussi comment Clara Rojas a donné le jour à son fils Emmanuel "dans des conditions infra-humaines". Et la solidarité de ses camarades, qui ont fabriqué vêtements et objets pour l'enfant.

Plus que la douleur, les chaînes autour du cou, les maladies, "ce qui nous afflige est la souffrance mentale que provoque l'irrationalité de tout ceci", poursuit le colonel dans cette lettre datée du 21 décembre.

Pourtant, les souffrances physiques sont terribles également, crises de paludisme, diarrhées, mais surtout le long calvaire qu'il a vécu lorsque ses pieds, jambes et articulations se sont infectés. Ce qui ne l'a pas empêché de devoir continuer les longues marches dans la jungle, le tout avec des béquilles de fortune, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus avancer et doive être transporté sur un brancard par les guérilleros.

Luis Mendieta sera resté cinq semaines sans pouvoir marcher, alors que les incessants déplacements ne cessaient pas, craignant de perdre ses jambes devenues noires et enflées, échappant au tétanos avant de se remettre lentement.

Le colonel a enfin évoqué le cas du lieutenant Peña, autre compagnon de captivité dont le "mauvais état mental" a fait que les guérilleros l'ont éloigné du groupe, disant l'avoir envoyé suivre un traitement psychiatrique, aux environs de 2000. "Depuis cette date, nous ne savons rien de lui".

Quant à l'ancien gouverneur du Meta, Alan Jara, enlevé en juillet 2001, il a dit, dans sa lettre à sa famille, souffrir de maux de tête chroniques dus à un parasite qui l'aurait frappé au cerveau, selon Jenny Mendieta.

Betancourt transportée dans un hamac quand elle était malade

Ingrid Betancourt a été malade au point de devoir être transportée dans un hamac lors de longues marches dans la jungle, a révélé mardi la famille d'un autre otage, Luis Mendieta.

«En une occasion j'ai pu parler avec Ingrid. Ils (ndlr: les guérilleros des Farc) nous transportaient en hamac», écrit le colonel de police Luis Mendieta dans une lettre remise à sa famille, lundi, comme preuve qu'il est en vie, par une ex-otage récemment libérée Consuelo Gonzalez.

Ces transports en hamac, compte tenu de la faiblesse et des nombreuses maladies dont souffrent les otages, ont été fréquents. «Cela s'est passé ainsi pour moi, pour Alan (Jara, un politicien) pour (le capitaine de police Enrique) Murillo et pour Ingrid», a ajouté M. Mendieta, dans la lettre rendue publique par la radio privée Caracol.


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