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Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt, otage de la guérilla des Farc depuis le 23 février 2002, est mise en cause par le chef de l'armée colombienne.
«C'est la manière dont Madame sa mère s'est comportée qui a fait obstacle à sa libération», a dit le commandant en chef des forces militaires colombiennes, Freddy Padilla de Leon, dans une interview à l'hebdomadaire «Semana». «Je le dis avec tristesse et douleur, bien que cela ne justifie pas les atrocités des Farc, c'est sa mère qui a le plus contribué à lui donner une cote comme une marchandise devenue le joyau de la couronne.»
La famille Betancourt, et notamment Yolanda Pulecio, a lancé de nombreuses campagnes internationales, notamment en France, pour obtenir la libération d'Ingrid Betancourt, qui est franco-colombienne. Ces campagnes ont parfois déplu aux autorités et à l'armée, qui ont été à plusieurs reprises accusées de faire barrage à tout accord humanitaire.
«La mère de Clara Rojas (ndlr: la collaboratrice d'Ingrid Betancourt libérée le 10 janvier), en revanche, a agi avec prudence», a expliqué le général.
Réaction de la FICIB
Dans un communiqué publié dimanche soir, la Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt (FICIB) exprime son profond étonnement et ses vives inquiétudes à la lecture de ces déclarations.
La FICIB rappelle que si Ingrid Betancourt est détenue depuis près de six ans, plusieurs autres otages sont détenus, eux, depuis plus de dix ans, et que le fait qu'ils soient restés complètement anonymes n'a pas pour autant fait qu'ils soient libérés maintenant.
C'est au contraire grâce à la mobilisation qui a été créée autour du cas d'Ingrid Betancourt que les Farc, sachant les yeux de la communauté internationale fixés sur eux, se sont sentis obligés de respecter les otages et que, finalement, certains d'entre eux ont pu être libérés. Faut-il rappeler qu'avant que Yolanda Pulecio et d'autres ne réussissent à éveiller les consciences sur la situation des séquestrés colombiens, leur cas n'avait suscité jusque là que de l'indifférence ?
Nous demandons avec respect et fermeté au président Uribe qu'il veuille bien rappeler au chef de son armée, un général qui a par ailleurs des zones d'ombre dans sa carrière, l'obligation qui est la sienne de mesurer ses propos - propos qui sont d'autant plus choquants qu'ils s'attaquent à une personne comme Yolanda Pulecio qui est unanimement respectée, en Colombie et à l'étranger, pour son courage, ses qualités de coeur et sa grande dignité.