La revue de presse   de  www.Betancourt.info 

>Ajouter cette page à mes favoris

>Rechercher sur le web

Outils de traduction :   >Free.fr  >Google


Les familles des otages inquiètes après l'ordre d'encerclement d'Uribe

28/01/2008 - AFP, Nouvel Obs

Les familles des otages de la guérilla colombienne des Farc se sont montrées très inquiètes dimanche pour la vie de leurs proches après l'ordre donné la veille à l'armée par le président Alvaro Uribe d'encercler les zones où se trouvent les captifs.

"Ces propos montrent qu'Uribe fait peu de cas de la vie des otages, qu'il n'a pas de scrupules à les mettre en danger", a déclaré Yolanda Pulecio, mère de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt.

Mme Pulecio a souligné craindre un épisode similaire à la mort, en juin, de 11 anciens députés, otages des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie, marxistes). Selon la guérilla, ils sont morts au cours d'une attaque déclenchée par un groupe militaire non identifié alors que le gouvernement affirme qu'ils ont été tués par les rebelles.

"C'est ce qui s'est passé avec les députés, ils (les otages) peuvent mourir au milieu d'une fusillade, cela revient à les mettre en danger. Cela m'inquiète beaucoup et m'attriste", a-t-elle ajouté. "Les otages sont en danger de mort, l'état de santé d'Ingrid et de (l'ex-sénateur) Jorge Gechem s'est tellement dégradé qu'on pourrait en mourir d'angoisse", a dit Mme Pulecio.

Ingrid Betancourt, française depuis son mariage avec un conseiller commercial de l'ambassade de France dont elle a par la suite divorcé, est aux mains des Farc depuis le 23 février 2002. Elle avait été enlevée lorsqu'elle était candidate à la présidentielle en Colombie pour un petit mouvement écologiste. Sur une vidéo diffusée en octobre, elle est apparue très amaigrie, silencieuse et l'air triste. "Cela me fait très mal de voir s'affronter deux forces, la guérilla et le gouvernement, qui ne font preuve d'aucune humanité", a déploré Mme Pulecio.

Samedi, M. Uribe, qui applique une politique de "main de fer" à l'égard des guérillas, a annoncé avoir ordonné à l'armée et à la police de "localiser et d'encercler" les zones où sont détenus les otages afin ensuite d'y faire venir des médiateurs nationaux et internationaux pour négocier un accord d'échange humanitaire. Les Farc réclament de leur côté la démilitarisation d'une large zone autour de deux villes du Sud comme préalable à l'échange de 43 otages contre 500 rebelles emprisonnés.

"Je crains que les Farc n'interprètent cela (l'ordre d'encerclement) comme une tentative d'aller chercher les otages" et de les libérer par la force, s'est inquiétée Lucy Artunduaga, épouse de M. Gechem, très malade après cinq ans aux mains des Farc.

Magdalena Vivas, mère du lieutenant de police Elkin Hernandez, capturé il y a dix ans, a jugé "absurde" l'initiative de M. Uribe, car "aller récupérer les otages serait synonyme de mort" pour eux. "Avec les Farc, on ne sait pas ce qui peut se passer", a renchéri à l'antenne de la radio Caracol, Estela Buitrago, soeur du lieutenant de police Julio Cesar Buitrago.

"Nous mettons en garde contre la possibilité d'un dénouement fatal, il y a des précédents très négatifs", a souligné Ivan Cepeda, porte-parole d'un mouvement de victimes de crimes d'Etat.

De son côté, Fabio Arias, vice-président de la principale centrale syndicale CUT, a fait état de l'opposition de son organisation "à toute action mettant en danger les otages".

"Le jour où cela se produira, les Farc élimineront" les personnes séquestrées, a également averti le parlementaire Wilson Borja du Pôle démocratique (gauche, opposition).

L'expert en sécurité John Marulanda s'est quant à lui montré sceptique sur la faisabilité de l'initiative car elle "impliquerait la mobilisation de très nombreux soldats sur de grandes portions du territoire et entraînerait des combats qui pourraient justifier aux yeux de la guérilla l'exécution des otages".

Communiqué de la FICIB

La Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt (FICIB) a appris avec inquiétude l'ordre donné à ses troupes par le président Uribe d'encercler les endroits où devraient se trouver les otages.

Elle rappelle son opposition totale et celui des familles, à toute action militaire qui mettrait en danger la vie des otages et demande à nouveau avec insistance au Président Nicolas Sarkozy qu'il proclame publiquement l'opposition de la France à ce genre d'opération.


>Tous les titres du mois 


> Poser une question,
   envoyer un commentaire

>www.Betancourt.info