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Le Comité international de la Croix-Rouge poursuit son "dialogue confidentiel" avec les FARC

27/01/2008 - Le Monde; Milenio

Barbara Hintermann, chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Colombie, n'est habituellement pas bavarde. Mais celle qui fut l'un des piliers de l'opération de libération par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) des otages Clara Rojas et Consuelo Gonzalez de Perdomo, le 10 janvier, aimerait que le rôle du CICR en Colombie soit mieux connu. Ce rôle uniqued' "intermédiaire neutre et indépendant" qui, ces dernières années, a abouti à la libération de centaines de séquestrés après le paiement d'une rançon, le plus souvent loin des projecteurs.

"La semaine dernière encore, la guérilla de l'ELN (Armée de libération nationale, castriste) nous a remis neuf otages", nous rappelle Mme Hintermann, de passage à Genève. En dépit des déclarations des uns et des autres, elle explique que le "dialogue confidentiel" mené par le CICR avec toutes les parties du conflit en Colombie se poursuit.

Dimanche 20 janvier, les FARC (extrême gauche) ont toutefois refusé qu'une mission médicale du CICR ait accès à leurs otages, rejetant une proposition du président Alvaro Uribe. Le chef de l'Etat colombien vient d'achever une tournée en Europe, pour solliciter l'appui de la France, la Suisse et l'Espagne à un "accord humanitaire" avec les FARC, visant à échanger 43 otages contre 500 guérilleros emprisonnés. Le CICR se tient à distance de cette agitation publique.

UNE CERTAINE CONFIANCE

Le CICR, qui compte 12 bureaux et 310 employés en Colombie, est la seule organisation reçue aussi bien dans la jungle, par les chefs des FARC, qu'à Bogota, par les responsables de l'armée. "Nous observons le comportement des groupes armés sur le terrain. Presque chaque semaine, à des échelons différents, nous dialoguons avec les FARC, l'ELN ou les forces armées colombiennes", souligne Mme Hintermann. "Nous leur demandons d'appliquer le droit international humanitaire, en particulier en matière de protection des civils : les otages, les déplacés, les disparus", ajoute-t-elle.

Invoquant des questions de sécurité, la guérilla ne l'a pourtant jamais autorisée à rencontrer les otages qu'elle détient. Mais une certaine confiance existe. En septembre 2007, le CICR a récupéré, à la demande des FARC, les corps de 11 députés du département du Valle del Cauca, retenus en otages et tués dans des circonstances obscures.

L'organisation humanitaire enregistre aussi les demandes des familles et s'efforce de "débriefer" ceux qui sont libérés "afin de disposer d'éléments supplémentaires dans le dialogue avec les FARC", précise Mme Hintermann. Elle aimerait entendre Clara Rojas, se disant "très préoccupée par l'état de santé des otages".

Et il est arrivé que le CICR réussisse à convaincre. En 1998, un groupe armé qui avait pour habitude d'assassiner ses séquestrés, tout en demandant une rançon à leur famille, renonçait à ses sinistres pratiques. Des dizaines de personnes furent alors sauvées.

"Nous ne dénonçons rien publiquement mais, par le dialogue, nous cherchons à améliorer la situation", explique Barbara Hintermann, rappelant que la Colombie, rongée par un conflit armé, détient des records en matière de violations des lois humanitaires. Qu'il s'agisse des victimes de mines ou des personnes déplacées - entre 2 et 3 millions depuis 1985 -, pour lesquelles des programmes ont été mis en place.


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