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Une réponse de Juan Carlos Lecompte

17/01/2006 - Revista Cambio

Revista Cambio, un grand hebdomadaire colombien, publiait la semaine dernière un article dont l'auteur, Mauricio Vargas, laissait entendre que la population française serait abusée par les familles de victimes - en particulier par celle d'Ingrid Betancourt  - et qu'elle croyait qu'Ingrid était détenue par le gouvernement Uribe.

Ce genre de littérature, qui n'est que le Xème d'une longue série, n'est pas une surprise pour ceux qui connaissent les liens étroits qui lient la presse colombienne au pouvoir en place.  Juan Carlos Lecompte, l'époux d'Ingrid, a utilisé le courrier des lecteurs pour répondre :

La colonne de Maurice Vargas -Conclusiones dolorosas- suggère que le peuple français est soit très stupide soit très inculte, ou alors qu'il est complètement en-dehors de la réalité.

S'agissant d'un peuple qui compte parmi les plus instruits du monde, cela ma paraît un manque de respect. La réalité, c'est que l'opinion publique français n'avale pas n'importe quoi.

Dans toutes nos déclarations au sujet du kidnapping, nous commençons à dire que les seuls responsables du kidnapping en Colombie sont les Farc, mais que la solution dépend de deux parties, le Farc et le gouvernement colombien.

Ensuite nous laissons de côté le sujet des kidnappés civils et nous parlons des soldats et des policiers qui sont le cas le plus aberrant : car l'État permet que ceux qui ont perdu leur liberté en défendant notre patrie soient oubliés et abandonnés à son sort. Spécialement dans leur cas, il existe une responsabilité morale très forte pour le gouvernement.

On leur a donné l'ordre d'aller au combat et ils n'avaient pas le choix. Un État qui leur donne cet ordre, et qui ensuite ne se préoccupe plus d'eux est un État irresponsable.

En outre, cet article met en danger l'intégrité des parents des kidnappés, car avec tant d"Uribistes fanatiques" qui courent en liberté, nous rendre responsables du discrédit international d'Uribe constitue pour nous une menace de mort - connaissant le nombre et la détermination des déséquilibrés qui, encouragés par des articles comme celui-là , n'hésiteront pas à s'en prendre à nous.

Nous avons déjà suffisamment de problèmes et des souffrances pour nous en créer de nouveaux.

Juan Carlos Lecompte, Bogota


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