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Le communiqué des Farc doit être lu avec attention : ils ne disent pas qu'ils refusent l'accord humanitaire, mais plutôt qu'ils "constatent qu'avec Uribe il n'y aura pas d'échange humanitaire". Selon la guérilla, le pays a besoin d'un président avec une volonté politique, pas seulement pour l'échange : "Le principal obstacle pour réaliser un échange entre les otages et les rebelles emprisonnés est le manque de volonté politique de Uribe".
Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont exclu lundi tout échange humanitaire sous le gouvernement du président colombien Alvaro Uribe entre leurs otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Bentancourt, et les guerilleros emprisonnés.
La guérilla marxiste, dont l'annonce a été publiée sur son site internet, n'avait pas encore répondu à la proposition européenne, acceptée le 13 décembre par le gouvernement colombien, de créer une zone démilitarisée pour des négociations.
Principale organisation clandestine de Colombie, les FARC, 17.000 hommes, réclament la libération de 500 prisonniers en échange de 59 personnalités militaires et politiques dont trois Américains et Ingrid Betancourt, 44 ans, l'ancienne candidate des Verts à la présidence colombienne, enlevée le 23 février 2002.
"Il est clair qu'avec Uribe il n'y aura pas d'échange humanitaire. Le pays a besoin d'un président avec une volonté politique, pas seulement pour l'échange", a affirmé la guérilla.
"Le principal obstacle pour réaliser un échange entre les otages et les rebelles emprisonnés est le manque de volonté politique de Uribe", affirme le communiqué.
La France, la Suisse et l'Espagne avaient proposé le 13 décembre de créer une zone démilitarisée sous contrôle international dans le sud-ouest du pays pour négocier un accord entre le gouvernement et les FARC sur un échange de prisonniers.
Cette initiative se heurtait au scepticisme de la plupart des observateurs locaux, certains membres de la famille de Betancourt regrettant même le manque de discrétion du président colombien qui avait aussitôt rendu publique et accepté la proposition.
Après l'annonce des FARC, Juan Carlos Lecompte, le mari d'Ingrid Betancourt, a accusé lundi le président Uribe d'avoir gâché cette opportunité, estimant qu'il avait agi d'une "manière précipitée".
"Je pronostiquais une réponse des FARC en ces termes. Rien de ce qu'ils ont dit ne m'a surpris, mais entre les lignes ils laissent des portes ouvertes", a-t-il déclaré à l'AFP.
Dans leur communiqué, les FARC estiment que la concession du président Uribe s'explique par sa "soif d'exploiter électoralement une initiative des pays" européens pour faciliter un "accord d'échange que nous ne connaissons toujours pas".
Bête noire de la guérilla, le chef d'Etat colombien, qui jouit d'une très forte popularité dans son pays, est donné comme largement favori pour un second mandat avant l'élection présidentielle organisée cette année en Colombie.
Réputé pour son intransigeance à l'encontre les mouvements armés, cet avocat de droite de 53 ans a axé son programme électoral sur la démobilisation des milices d'extrême-droite et l'éradication des guérillas.
Après avoir "regretté l'attitude précipitée et légère du président", la guérilla a par ailleurs reconnu "les bons offices des gouvernements de France, de Suisse et d'Espagne". "Le problème d'Uribe candidat est qu'il entend manipuler tout le monde avec des sophismes et une fausse humilité", ajoutent les FARC.
Le 24 décembre, la chaîne de télévision colombienne CMI avait annoncé que la guérilla avait invité les ambassadeurs de France, Suisse et Espagne à venir lui expliquer leur plan. Citant une source proche des FARC, CMI avait précisé que les trois diplomates avaient été conviés à rencontrer Raul Reyes, numéro deux du mouvement des FARC.
Mardi dernier, la guérilla avait mené l'attaque la plus meurtrière commise en 2005 contre des militaires, tuant dans le département de Meta (centre-ouest) 29 soldats chargés de surveiller les travaux d'éradication des cultures de coca illicites, qui financent les organisations clandestines.
Le président colombien avait estimé que cette embuscade constituait "la réponse de ces bandits des FARC" à l'initiative européene.
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