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Les FARC ont exclu lundi qu'un accord humanitaire sur un échange de prisonniers puisse être conclu tant que le président colombien Alvaro Uribe sera au pouvoir.
"Sous Uribe, il n'y aura pas d'accord sur un échange de prisonniers", a fait savoir le commandement central des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), le principal groupe de la guérilla colombienne, sur son site Internet.
Elu en 2002 sur la promesse d'écraser militairement la guérilla colombienne, Alvaro Uribe, qui briguera un nouveau mandat de quatre ans en mai prochain, semble bien parti pour être réélu.
Samedi, le porte-parole des FARC Raul Reyes avait rejeté la proposition des médiateurs français, espagnols et suisses, pour l'ouverture de négociations entre la guérilla et le gouvernement colombien sur un plan d'échange de prisonniers.
Des représentants de ces trois pays "facilitateurs" avaient proposé à la mi-décembre que les deux parties se rencontrent dans un village du sud-ouest de la Colombie et démilitarisent une zone de 180km2 abritant les discussions.
Paul Rayes avait expliqué qu'un échange était possible si l'armée se retirait d'une zone plus importante autour du site proposé pour les négociations ajoutant que de tels accords pourraient être trouvés "avec une nouvelle administration".
Dans son discours du Nouvel-An, Alvaro Uribe, qui a récemment légèrement assoupli ses positions, a annoncé qu'il comptait poursuivre le travail avec les médiateurs européens. Mais il a laissé entendre qu'un accord humanitaire pour échanger des otages contre des membres des FARC incarcérés était peu probable dans les prochains mois.
"La réponse que les FARC ont donné c'est le meurtre de 29 soldats", avait-il souligné, évoquant l'attaque du 27 décembre contre une base militaire isolée du sud de la Colombie, la plus meurtrière essuyée par les forces gouvernementales depuis son arrivée au pouvoir.
Alvaro Uribe a également fait savoir que l'armée continuerait de tenter de secourir les otages de la guérilla, parmi lesquels figure la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, ancienne candidate écologiste à l'élection présidentielle, détenue depuis plus de 1.400 jours.