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Ingrid Bétancourt : Douste à Bogota

26/01/2006 - Bismi.net, Le Nouvel Obs, PrensaLatina

Le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy se rend jeudi 26 janvier en Colombie pour marquer la détermination de Paris à obtenir la libération de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, aux mains de la guérilla des FARC depuis près de quatre ans.

Philippe Douste-Blazy doit s'entretenir des "perspectives d'accord humanitaire" qui permettraient la mise en liberté des otages, dont Ingrid Betancourt, 44 ans, avec le président colombien Alvaro Uribe et son homologue Carolina Barco.

Il doit aussi évoquer le dossier avec des représentants de l'Eglise, de la société civile et de l'Onu, ainsi qu'avec des familles d'otages.

Le déplacement d'une journée de Philippe Douste-Blazy doit aussi marquer un réchauffement dans les relations franco-colombiennes, qui ont traversé plusieurs périodes de tension liées à l'affaire Betancourt.

"3.000 séquestrés"

"Nous ne pouvons pas réduire nos relations bilatérales à l'affaire d'Ingrid Betancourt et nous devons faire un effort particulier pour équilibrer les relations franco-colombiennes", a fait savoir Carolina Barco, en soulignant qu'"il y a 3.000 autres personnes sequestrées en Colombie".

Le dernier incident entre les deux pays a eu lieu en septembre, lorsque la Colombie a accusé la France d'envoyer sans consultation un émissaire auprès des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) qui ont enlevé le 23 février 2002 Ingrid Betancourt, candidate à l'élection présidentielle.

Le 9 juillet 2003, alors que l'actuel Premier ministre français Dominique de Villepin, qui a connu Ingrid Betancourt à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, était ministre des Affaires étrangères, la France avait envoyé un avion Hercules C-130 à Manaus, dans l'Amazonie brésilienne.

Cette opération, décidée à la demande de la famille Betancourt pour récupérer Ingrid en cas de libération, avait échoué et l'avion était reparti sans l'otage le 13 juillet.

"Décidés à avancer"

Le voyage à Bogota de Philippe Douste-Blazy vise à montrer que "nous voulons faire avancer les choses, que nous sommes mobilisés sur ce dossier", indique-t-on de source diplomatique française.

"Si les FARC voient que le ministre va à Bogota, ils seront convaincus que nous sommes tout à fait décidés à avancer", ajoute-t-on.

La France, la Suisse et l'Espagne ont proposé le 13 décembre de créer une zone démilitarisée sous contrôle international dans le sud-ouest du pays, pour négocier un accord entre le gouvernement et les FARC sur un échange de prisonniers.

Le président Uribe a aussitôt apporté son soutien à cette proposition. Mais les FARC, l'accusant de vouloir tirer profit de cette affaire avant la prochaine présidentielle prévue en mai, ont exclu début janvier tout échange entre leurs otages et les guérilleros emprisonnés.

La diplomatie française n'interprète toutefois pas ce refus comme une fin de non recevoir aux propositions des trois pays", explique-t-on au Quai d'Orsay. "On estime qu'il y a une marge, une possibilité de continuer à explorer cette voie", ajoute-t-on.

La France espère que la visite du ministre des Affaires étrangères "permettra d'accélérer" la réponse des FARC "et de faire en sorte qu'elle soit positive". Paris estime que "les ponts ne sont pas rompus avec les FARC" même si les contacts avec la guérilla sont forcément "très indirects".

Les FARC, fortes de 17.000 hommes, réclament la libération de 500 prisonniers en échange de 59 personnalités militaires et politiques dont trois Américains et Ingrid Betancourt.


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