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Le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé vendredi que les relations diplomatiques et commerciales avec la Colombie sont suspendues jusqu'à ce que Bogota présente des excuses pour avoir payé des mercenaires pour capturer un chef rebelle colombien qui se trouvait à Caracas.
Pour les responsables vénézuéliens, la capture, le 13 décembre à Caracas, du chef rebelle colombien, Rodrigo Granda, membre des Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC) est une violation de souveraineté. Le gouvernement de Hugo Chavez a annoncé jeudi qu'il rappelait son ambassadeur à Bogota, Carlos Santiago Ramirez, accusant la Colombie d'avoir envoyé des policiers sur le sol vénézuélien et d'avoir soudoyé les autorités locales pour enlever le chef rebelle.
Vendredi, Hugo Chavez a déclaré avoir ordonné la suspension de tous ses accords commerciaux avec la Colombie -deuxième partenaire commercial du Venezuela- et ce jusqu'à la résolution de cet incident diplomatique.
"C'est avec beaucoup de peine que j'ai appelé l'ambassadeur (vénézuélien) à Bogota à rentrer et il ne retournera pas jusqu'à ce que le gouvernement colombien nous présente ses excuses", a-t-il déclaré lors d'un discours devant l'Assemblée nationale. "J'ai demandé à ce que tous les accords et le commerce avec la Colombie soient paralysés."
En réponse aux déclarations de Hugo Chavez, le président colombien, Alvaro Uribe, a défendu tard vendredi "le droit (de son pays) à se libérer du cauchemar du terrorisme", sans offrir d'excuses.
"La police colombienne a expliqué avec clarté et force qu'elle n'a pas violé la souveraineté du Venezuela", a-t-il précisé dans un communiqué, qualifiant l'utilisation de mercenaires d'"instrument légitime" pour combattre le terrorisme.
Alvaro Uribe a toutefois fait part de la volonté de la Colombie d'avoir de bonnes relations avec Caracas. Peu avant, le vice-président colombien, Francisco Santos, a défendu les actions de son pays, comme "un instrument absolument légitime et nécessaire dans la lutte contre le terrorisme".
Interrogé par l'Associated Press, l'ambassadeur colombien à Caracas, Enrique Vargas Ramirez, qui a assisté au discours de Hugo Chavez, a déclaré qu'il ne lui semblait pas que "les relations diplomatiques entre le Venezuela et la Colombie soient brisées au travers ces actions, mais la situation est sérieuse".