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Uribe protège un suspect d'exécutions extrajudiciaires

27/02/2009 - Publico.es

Le général Mario Montoya, l'organisateur de la libération d'Ingrid Betancourt, qui avait été écarté en novembre dernier après que fut révélé le scandale des milliers d'exécutions extrajudiciaires commises par ses subordonnés, est depuis hier le nouvel ambassadeur de Colombie en République dominicaine.

En ce moment, Montoya est l'objet d'une enquête judiciaire pour déterminer son degré d'implication dans ces faits. Le scandale des exécutions extrajudiciaires ou des "faux positifs", comme on le nomme de manière euphémique en Colombie, désigne une série de meurtres commis par des militaires, qui ont assassiné des civils venant de classes populaires, qu'ils avaient au préalable revêtus d'uniformes de la guérilla pour les faire passer pour des guérilleros des FARC, afin de percevoir des récompenses juteuses (dont certaines venaient de fonds internationaux destinés à la cooperation internationale).

Des organisations comme Amnesty International et "Justice pour la Colombie" estiment que le nombre de ces victimes dépasse les 2.100, presque autant que le nombre de victimes attribuées au milieu du siècle dernier à l'ETA et à l'IRA réunies.

Ce scandale a agité hier l'opposition politique en république dominicaine, qui a manifesté à l'occasion de la présentation des lettres de créance du nouvel ambassadeur, protestant en particulier pour le « grand secret » avec lequel les présidents Uribe et Leonel Fernández avaient traité la nomination de Montoya . Le dirigeant de gauche dominicain, Narciso Isa, l'a qualifiée de « pacte pour un délinquant ».

Mais le scandale des exécutions extrajudiciaires n'est pas la seule enquête judiciaire qui est menée au sujet du nouvel ambassadeur de Colombie dans l'île des Caraïbes. Montoya est aussi impliqué dans le massacre de civils perpétré à la "Commune 13" de Medellín en octobre 2002.

Concernant ce cas, un rapport de la CIA, dévoilé en mars 2007 par le journal "Los Angeles Times", indique que Montoya, en collaboration avec le groupe paramilitaire "Bloque Cacique Nutibara", aurait planifié et mené une opération pour éliminer des guérilleros marxistes des faubourgs pauvres de Medellín, une ville qui était au centre du trafic de drogues. Dans cette opération, baptisée "Orión", ils auraient assassiné 14 civils.

« Message aux violents »

Plusieurs mois après, le général avait écrit sur le site web de la présidence de Colombie que ces actions armées continueraient pendant un certain temps et qu'il s'agisait  « d'un message de fermeté aux violents (...) , :  la guerre de guérilla n'a pas de place ici ».

La CIA a jamais ni confirmé ni réfuté cette information. mais le Los Angeles Times a révélé que des sources de l'agence avaient demandé à la direction d'éliminer certains détails. Le motif était que Montoya maintenait une collaboration étroite avec des fonctionnaires américains dans le cadre du Plan Colombie, financé par Washington pour combattre le trafic de drogues et la guérilla, depuis le temps où il était instructeur à l'ex "École des Amériques", qui s'appelle maintenant depuis 2001 "Institut de Coopération pour la Sécurité Hémisphérique". (ndlr : école où les USA forment tous les cadres militaires des pays sud-américains qu'ils soutiennent)

La décision d'envoyer le général Montoya en République dominicaine n'a pratiquement pas été couverte par les media colombiens...


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