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Les Farc reprennent les libérations sans contrepartie

01/02/2009 - Nouvel Obs, UniVision, El Confidencial, The Australian

Trois policiers et un soldats ont été libérés dans le sud de la Colombie.

La guérilla revient ainsi sur sa décision de ne plus relâcher d'otages sans une démilitarisation préalable de certaines régions.

Quatre otages politiques de la guérilla colombienne des Farc, trois policiers et un soldat, ont été libérés dimanche 1er février vers 10h00 (16h00 GMT) dans le sud de la Colombie, a annoncé à l'AFP le conseiller de la sénatrice Piedad Cordoba.

La guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie est revenue sur sa décision de ne plus en relâcher sans contrepartie.

Garanties de sécurité

Lundi, un hélicoptère devrait récupérer Alan Jara, un ancien gouverneur enlevé en 2001 et le ramènera, selon le même procédé, à Villavicencio.

Mercredi, il partira de Cali (500 km au sud-ouest de Bogota) pour chercher l'ex-député provincial Sigifredo Lopez, enlevé en 2002 avec un groupe de onze élus dont il est le seul survivant. Auparavant, le CICR avait obtenu du ministre de la Défense Juan Manuel Santos l'arrêt des opérations militaires dans une partie du département de Caqueta, garantie de sécurité indispensable à la réussite de l'opération.

22 Policiers et militaires et une centaine de civils encore détenus

Les otages seront remis à une "commission" composée de la sénatrice de l'opposition (Parti libéral) Piedad Cordoba, d'un médecin français du CICR, Pierre Hofer, de la directrice suisse des opérations pour l'Amérique de cet organisme, Patricia Danzi, et de l'adjoint du chef de mission du CICR en Colombie, le Suisse Thierry Grobet. Trois membres de Colombiens pour la paix -- un groupe de personnalités de gauche qui dialogue par écrit avec la guérilla depuis septembre -- seront également présents.

Une fois les six hommes libérés, le groupe des otages "politiques" des Farc - qui détiennent aussi des centaines de civils pour lesquels elles exigent des rançons - sera composé seulement de militaires et de policiers (22), Alan Jara et Sigifredo Lopez étant les deux dernières personnalités politiques détenues par la guérilla marxiste.

En janvier et février 2008, la guérilla avait déjà procédé à six libérations sans contrepartie.

"Geste de bonne volonté" ou "manœuvre" politique

Elle avait assuré qu'elle ne relâcherait plus d'otages sans une démilitarisation préalable de certaines régions. Elle a ensuite perdu, le 2 juillet, 15 de ses otages les plus connus, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, libérés par l'armée colombienne. Le 26 octobre, l'ex-parlementaire Oscar Tulio Lizcano a également réussi à prendre la fuite avec son geôlier.

La guérilla a toutefois annoncé le 21 décembre son intention de libérer à nouveau sans contrepartie six de ses 28 otages "politiques".

Dirigées depuis 2008 par Alfonso Cano, qui a succédé au fondateur Manuel Marulanda après sa mort, les Farc ont présenté cette décision comme un "geste de bonne volonté". Le gouvernement l'a pour sa part interprété comme une "manœuvre" destinée à alléger la pression militaire sur la guérilla et à lui redonner une visibilité internationale.

A Villavicencio, la famille d'Alan Jara, qui habite dans cette ville, n'avait cependant cure de ces débats, samedi.

Sous l'arbre de Noël qu'elle a gardé, l'ex-gouverneur trouvera à son retour huit paquets, un pour chaque année passée loin des siens: "chaque année, nous lui avons gardé un petit cadeau", a expliqué son fils Alan Felipe, 15 ans.

"Un message d'espoir"

La Fédération internationale des Comités Libertad (ex-comités Betancourt) a estimé que les libérations d'otages des Farc annoncées constituaient "un message d'espoir" et "une main tendue" de la guerilla marxiste vers le gouvernement colombien.

"Nous espérons que ce geste unilatéral (...) sera suivi d'autres gestes de la part des deux parties en présence", écrit la Ficib dans un communiqué, en appelant à des "négociations pour ramener la paix dans le pays".

"Le problème des séquestrés colombiens n'est qu'un des aspects du conflit armé qui a déplacé en Colombie plus de 4 millions de personnes. Les zones de non-droit engendrées par ces combats ont été le théâtre d'exactions sanglantes de la part de tous les belligérants", ajoute l'organisation.


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