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La guérilla pourrait libérer les trois otages américains en échange de deux de leurs hommes retenus aux États-Unis.
"Donne-moi deux guérilleros et reprends tes trois espions." C'est par ces quelques mots, dans un communiqué publié par l'agence Anncol mardi 29 janvier, que les Farc proposent de libérer les trois citoyens américains retenus prisonniers depuis 2003 dans la jungle colombienne. Keith Stansell, Thomas Howes et Marc Gonsalves sont des sous-traitants recrutés par la département de la Défense américain. En 2003, ils ont été faits prisonniers après le crash de leur avion dans une partie de la jungle colombienne contrôlée par les Farc.
Ils font partie du groupe de 43 otages "échangeables", parmi lesquels figure également Ingrid Betancourt. Mais il ne s'agit pas d'une libération unilatérale, comme cela a été le cas pour Clara Rojas et Consuelo Gonzalez, relâchées le 10 janvier dernier sans contrepartie.
Remise de peine ?
Cette fois, les Farc réclament en échange la libération de "Simón y Sonia". Sonia, alias Anayibe Rojas, est actuellement détenue dans une prison du Texas. Simón Trinidad, alias Juvenal Ovidio Ricardo Palmera, est l'un des principaux leaders des Farc. Arrêté en Équateur, il a été extradé fin 2004 vers les États-Unis. Lundi 28 janvier, il a été condamné à 60 ans de prison par un tribunal de Washington, précisément pour son rôle dans l'enlèvement et la séquestration des trois Américains
60 ans de prison pour un homme âgé de 57 ans : "une condamnation à perpétuité", estiment les Farc dans leur communiqué. Depuis le verdict, la presse colombienne ( lire l'article d' El Tiempo ) relate des rumeurs concernant une éventuelle remise de peine qu'accorderaient les États-Unis à Trinidad en échange de la libération des trois otages. Une information non confirmée officiellement par la justice américaine. La Colombie, de son côté, a rejeté par avance toute solution dans laquelle Simón Trinidad serait "échangeable".
"Je vois l'horizon absolument noir" (Chavez)
Une nouvelle libération d'otages de la part de la guérilla paraît donc compromise pour l'instant. Le 25 janvier dernier, la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, ancienne médiatrice dans la libération de Clara Rojas et Consuelo Gonzalez, a pourtant affirmé que la guérilla marxiste des Farc envisageait de libérer "prochainement et de manière unilatérale" d'autres personnes séquestrées. Mais le lendemain, le président vénézuélien Hugo Chavez, principal artisan de la libération des deux otages s'est déclaré "pessimiste" sur la possibilité de nouvelles libérations unilatérales d'otages par les Farc. "Malheureusement ce n'est pas que je ferme la porte, mais je vois l'horizon absolument noir."