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Les paramilitaires colombiens

09/02/2008 - France Inter

Dans "Rendez-vous avec X." par Patrick Pesnot sur France Inter, une émission intéressante ce samedi sur les paramilitaires :

On l’a sans doute un peu trop oublié ces dernières semaines : les FARC, qui détiennent des centaines d’otages, ne sont pas le seul mouvement armé qui sévit en Colombie. Et je ne parle pas de la petite ELN, l’Armée de Libération nationale, une guérilla guevariste qui pratique aussi la prise d’otages mais semble en perte de vitesse… Non, je veux évoquer ici tous ceux que l’on classe sous le nom de «paramilitaires»… Des milices armées qui, en toute impunité, ont terrorisé le pays sous le prétexte de lutter contre les guérillas d’extrême gauche. Alliées du pouvoir et même complices de ce pouvoir, elles ont peu à peu pris en main une grande partie du narcotrafic. Et bien souvent, leurs confrontations armées avec les guérilleros des FARC ont d’abord eu pour objectif la conquête de nouveaux territoires dévolus à la culture des cocaïers.

Plusieurs initiatives politiques ont permis d’aboutir à des démobilisations progressives (et très avantageuses) de ces unités paramilitaires qui sont responsables de milliers d’assassinats et de disparitions, mais à chaque fois, elles ont ressurgi, toujours aussi meurtrières, toujours aussi cruelles. Malgré les scandales et malgré les enquêtes de certains magistrats et journalistes courageux.

Des parlementaires, des hauts fonctionnaires, des politiciens appartenant à l’entourage du président colombien Uribe ont été mis en cause et emprisonnés. Le scandale de la parapolitique est dévoilée au grand jour. Sans autre dommage pour Uribe que ses concitoyens ont appelé « le président Teflon », le président sur lequel tout glisse… Mais, au moment où l’on ne cesse de découvrir de nouveaux charniers des victimes des paramilitaires, la Justice est loin d’en avoir terminé avec ce cancer qui continue à miner la société colombienne… Après m’avoir longuement parlé des FARC il y a quelques semaines, Monsieur X tente de percer quelques-uns des secrets de ces redoutables paramilitaires.

Fin décembre 2007, dans la même série, Patrick Pesnot avait parlé des FARC :

On ne cesse de parler d’elles… Mais qui sont-elles exactement ? Je veux parler des FARC qui font tous les jours l’actualité. Ces Forces armées révolutionnaires de Colombie qui, malgré un récent petit espoir, détiennent toujours un millier d’otages dont le plus célèbre est la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, retenue quelque part dans la jungle depuis février 2002.

Cette guérilla, l’une des plus anciennes au monde, est aussi dirigée par le plus vieux guérillero, Marulanda, bientôt 80 ans. De son vrai nom, Pedro Antonio Marin, Marulanda répond aussi au sobriquet de « Tirofijo », « Tire au but » parce qu’autrefois, il aurait tué un policier à 500 mètres de distance.

D’inspiration marxiste, les FARC regroupent à peu près 15.000 combattants, dont une moitié de femmes, et sont présentes sur plus d’un tiers de la Colombie, essentiellement au sud du pays. Riches, grâce au trafic de drogue et à l’industrie de l’enlèvement, les FARC tiennent tête à l’armée colombienne, aux paramilitaires et aussi aux forces états-uniennes chargées, en principe, d’éradiquer les cultures de coca. Mais que veulent-elles exactement ? Combattent-elles encore pour s’emparer un jour du pouvoir ? Protègent-elles toujours les plus pauvres ? Ou se contentent-elles d’exister et de se livrer à un fructueux trafic de drogue ? Bref, ses militants sont-ils des Robin de Bois ou des mafieux ? A moins que la vérité ne se trouve à mi-chemin…


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