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« Avec un autre président, Íngrid serait depuis longtemps à la maison »

11/02/2008 - El Espectador, Terra España

Juan Carlos Lecompte, mari de l'ex candidate présidentielle kidnappée par les Farc Íngrid Betancourt, est confiant dans sa future libération, grâce à la médiation du président vénézuélien, Hugo Chavez, dans lequel il voit « la seule personne que la guérilla écoute, admire et respecte ».

Lecompte, qui donnera ce mardi une conférence à Palma de Majorque (archipel méditerranéen espagnol), invité par un journal local, a souligné l'importance des interventions du Brésil, de l'Argentine et, surtout, du Vénézuéla, pour que les Farc rendent la liberté à certains des kidnappés.

Dans une conférence de presse, le mari de Betancourt a qualifié de "signes prometteurs" l'annonce de la libération « dans les prochains jours » des ex congressistes Gloria Polanco, Orlando Beltrán et Luis Eladio Pérez, ce dernier ayant été le compagnon de captivité de sa femme, dont il attend une information directe sur son état physique et mental.

« Je voudrais vraiment beaucoup parler avec lui », a dit Lecompte, qui a rappelé que le prochain 23 février prochain sera le sixième anniversaire du kidnapping de son épouse. Un événement qui s'est produit produit dans un pays qui souffre « une guerre silencieuse, au compte-gouttes » et où il y a au total au moins 3.000 kidnappés entre les mains de groupes partisans, de paramilitaires et de groupes criminels, a-t-il ajouté.

Lecompte a déclaré que « intérieurement, le problème ne va pas être résolu », principalement parce que le président, Álvaro Uribe, « privilégie la voie militaire » et insiste pour effectuer des opérations de combat dans la forêt pour libérer les kidnappés, ce qui équivaut « à les condamner à mort » parce que les Farc les exécutent s'ils constatent un assaut de l'Armée. « Avec un autre président, Íngrid serait depuis longtemps à la maison, et les autres kidnappés également», a-t-il conclu.

En ce qui concerne les déclarations de Hugo Chavez qui veut créer un changement d'attitude des Farc en obtenant leur exclusion de la liste internationale de groupes terroristes, Lecompte a admis que si cette guérilla était seulement considérée « une force belligérante » elle n'aurait qu'à se soumettre à la Convention de Genève et à accepter des accords humanitaires comme ceux que les parents de kidnappés exigent.

« Pour moi, une organisation qui kidnappe des civils ne peut pas être un groupe belligérant », a affirmé le mari de Betancourt, qui a aussi souligné l'appui que sa cause reçoit du gouvernement français (son épouse a cette nationalité) et, dans une moindre mesure, de l'Espagne et de la Suisse.

Le mari de Betancourt considère comme vitales pour le maintien de l'attention publique les interventions de gouvernements étrangers, après des années d'« angoisse » causées par le manque d'information et le manque de « preuves de vie », puisqu'entre août 2003 et la diffusion d'images de Íngrid le 30 novembre passé, la famille n'avait reçu aucune nouvelle sur la situation de la kidnappée.

À son avis, les images de son conjoint et les révélations sur les humiliations que souffrent les kidnappés, divulguées après la libération de Clara Rojas et Consuelo González de Perdomo le 10 janvier passé, ont fait se réveiller la société colombienne, qui est massivement sortie dans les rues il y a une semaine pour exprimer son rejet de la guérilla et du terrorisme.

Cependant, Lecompte a rappelé qu'aucun parent de kidnappé n'avait pris part aux marches qui s'étaient tenues en Colombie parce que dans la convocation, on n'approuvait pas directement l'« accord humanitaire » pour lequel ils plaident.


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