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Ces Français qui soutiennent Ingrid Bétancourt

28/02/2008 - L'Express

Depuis l’enlèvement d’Ingrid Bétancourt il y a six ans, les comités de soutien se sont multipliés. Des grandes villes aux campagnes françaises, à des milliers de kilomètres de la Colombie, des militants se mobilisent pour "Ingrid" et les otages des Farc. Quatre d'entre eux nous racontent pourquoi ils ont rejoint ce combat.

Carmen Sanchez

Ardèche, 48 ans, assistante de direction (2e à gauche sur la photo)

"Je suis de parents espagnols et j’ai toujours porté un intérêt à l’Amérique latine, mais c’est après avoir lu le livre d’Ingrid La Rage au cœur que j’ai commencé à militer. Elle n’a pas froid au yeux et défend des valeurs morales avec une telle conviction que l’on ne peut pas s’empêcher de la soutenir. Le fait qu’elle soit une femme, une mère qui plus est, m’a beaucoup touché. J’ai donc cherché un peu sur Internet ; j’ai vu qu’il existait des comités dans le monde entier et, en 2005, j’ai créer une cellule en Ardèche, à Tournon-sur-Rhône, ville de 10 000 habitants. Je suis ensuite devenue secrétaire générale de la Fédération, chargée des relations avec les familles d’otage. L’an dernier, j’ai par exemple organisé la venue de Gustavo Montayo, père du plus ancien otage colombien en France."

Antoine Seffre

Vosges, 22 ans, fonctionnaire

"Adolescent, j’ai lu le livre d’Ingrid Betancourt. Son combat, noble et sincère à mes yeux, m’a beaucoup touché et j’ai commencé à m’intéresser à la Colombie. C’est un pays lointain, certes, mais une fois que j’ai mieux connu la situation dramatique là-bas, je ne pouvais m’en détourner. J’ai regardé sur Internet quelles actions je pouvais mener et j’ai pris contact avec le comité de soutien des Vosges. Ingrid est engagée de façon désintéressée, j’ai le sentiment qu’il faut lui rendre la pareille. D’autant que cela dépasse son cas: elle est devenue la voix et le visage de tous les otages."

Evelyne Thinès

Montpellier, 57 ans, assistante médicale à la retraite

"En 2002, j’ai vu un reportage sur Ingrid Betancourt. C’était avant son enlèvement. Elle était en pleine campagne électorale pour la présidentielle. Je me souviens m’être dit qu’elle avait un sacré culot et j’ai suivi ce qu’elle faisait. De loin. C’est après son enlèvement que je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. J’ai commencé à militer en 2004. Je me suis toujours battue pour les femmes, d’ailleurs je suis aussi engagée pour SOS femmes battues et pour le dépistage du cancer du sein. La vie n’a pas de sens si on ne la consacre pas aux autres comme l’a fait Ingrid qui a quitté une vie aisée pour son pays."

Dominique Bouillon

Tours, 48 ans, chef d’entreprise

"J’avais entendu Ingrid Bétancourt s’exprimer sur France Inter, chez Jean-Luc Hees, juste avant son enlèvement et déjà, je l’avais trouvée assez gonflée. Il y a deux ans, j’entends cette fois-ci Renaud déplorer l’essoufflement du mouvement et là, ça a fait tilt. J’ai contacté le comité de mon département où j’ai constaté, en effet, une certaine usure. Beaucoup de gens s’arrêtent un jour, car c’est un combat sans fin, peu gratifiant. Au départ, c’est vrai que c’est la personnalité emblématique d’Ingrid qui m’a touché. Et puis on se documente et on s’intéresse à ce qui se passe en Colombie, à l’ensemble des otages. Au point de devenir des spécialistes. Il y beaucoup d’étudiants et de retraités dans les comités. Mon expérience et mes réseaux de chef d’entreprise ont été bien accueillis au sein de la Fédération."


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