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"Les conditions politiques et juridiques existent pour que les deux parties signent un accord qui mettrait fin au kidnapping de 57 personnes par les FARC", selon José Noel Ríos, le secrétaire général du Parti Libéral.
Le parti Libéral de Colombie (parti d'opposition) a demandé aujourd'hui d'exercer de fortes pressions sur le président Álvaro Uribe et sur les FARC pour qu'ils signent un accord humanitaire.
Dans une interview avec Notimex, Rios a indiqué que "ce que nous devons faire c'est de convaincre le président et les FARC pour l'accord humanitaire. Si l'accord n'a pas encore été signé c'est parce qu'il n'y a pas eu de volonté politique de le réaliser", a soutenu le dirigeant politique.
Il a signalé que "les instruments juridiques sont là. La Constitution dit que le président doit veiller à la sécurité de de tous les Colombiens ". Il a ajouté que, en outre, la Constitution de 1991 comporte un article qui déclare "...le président est la personne chargée de maintenir l'ordre public et il doit veiller à ce que tous les Colombiens aient droit à la vie - par conséquent les kidnappés aussi".
Les FARC exigent, pour libérer les 57 personnes qu'ils ont en leur pouvoir, un échange contre quelque 600 guérilleros qui sont actuellement en prison, échange qui devrait se passer dans une zone démilitarisée de ce pays sud-américain.
Selon Rios, tant le chef d'État que les FARC ont déclaré à diverses occasions et à plusieurs moments qu'ils avaient le désir de concrétiser un accord humanitaire, mais "ils n'ont posé aucun acte qui honore cette volonté politique".
Il a souligné que les deux parties devaient faire des gestes qui les portent à un rapprochement pour l'accord humanitaire que, selon différents sondages d'opinion, réclament maintenant la majorité des Colombiens. Il a ajouté que le Parti Libéral soutiendrait toutes les initiatives rendues nécessaires par l'urgence de l'accord humanitaire, tant les initiatives législatives que celles qui mobilisent la population pour faire pression sur les deux parties.
Le Parti Libéral s'oppose aussi à la décision du président Uribe de libérer les kidnappés par la voie militaire et a insisté sur la nécessité de concrétiser un accord humanitaire.
Rios soutiendra le voyage d'une délégation de parents de kidnappés à Washington (Etats-Unis) pour y demander l'appui des organismes internationaux et du Congrès des Etats-Unis.
Le dirigeant politique a déclaré que "même si elle est inutile", il soutiendrait la loi d'initiative populaire pour garantir l'accord humanitaire, qui est proposée par l'ex président Ernesto Samper (1994-1998) et les parents des kidnappés.
Cette proposition cherche à récolter un million 500 mille signatures dans tout le pays pour les présenter au Congrès et obliger ainsi le gouvernement Uribe à souscrire un accord humanitaire avec les FARC.
Pour Rios, c'est "une initiative intéressante parce qu'elle préconise l'accord humanitaire, mais les instruments juridiques que j'ai déjà mentionnés sont repris dans la Constitution, il ne manque que la volonté de le faire".
"C'est une grande initiative et elle doit servir pour que le président (Uribe) soit impliqué dans l'accord et pour qu'on ne perde plus de temps à penser à la guerre, mais bien à la paix", a souligné Rios.