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Milices: la patronne de la diplomatie colombienne en difficulté après l'arrestation de son frère

19/02/2007 - Matinternet, El Diario, Reuters

Scandale en Colombie. La ministre des Affaires étrangères Maria Consuelo Araujo a rejeté les appels à sa démission après l'arrestation de son frère, un sénateur soupçonné d'avoir enlevé un homme d'affaires et collaboré avec des organisations paramilitaires d'extrême-droite.

Au total huit parlementaires ont été incarcérés pour leur soutien présumé aux milices. "C'est un moment difficile pour moi", a reconnu vendredi au cours d'une conférence de presse Mme Araujo, cependant déterminée à "continuer à travailler avec efficacité, honneur et résultats".

Son frère, le sénateur Alvaro Araujo, est l'un des cinq responsables politiques arrêtés jeudi, portant à huit le nombre de parlementaires mis en cause dans cette affaire. On les soupçonne d'avoir bénéficié des services des organisations paramilitaires, qui ont notamment utilisé la violence pour inciter des électeurs à bien voter.

Les milices d'extrême-droite en Colombie ont été impliquées dans des massacres, tortures et autres crimes commis pendant quelque cinq décennies d'affrontements avec la rébellion d'extrême-gauche, ainsi que dans le trafic de cocaJine. Les organisations de défense des droits de l'homme ont dénoncé les liens entre les milices et différentes instances de l'Etat, dont l'armée.

Une soixantaine d'hommes politiques colombiens ont été entendus par la Cour suprême, dont la ministre des Affaires étrangères et plusieurs membres de son entourage politique. D'après un responsable de la Cour suprême, un des magistrats, le juge Yessid Ramirez, a reçu des menaces de mort.

La haute instance a annoncé vendredi qu'elle fournirait des informations montrant que le père de la ministre, un ancien ministre de l'Agriculture et gouverneur, pourrait avoir participé avec son fils Alvaro à l'enlèvement d'un homme d'affaires local en 2002. L'homme avait été libéré après 80 jours de captivité contre le versement d'une rançon d'un montant indéterminé, que la soeur de la ministre est soupçonnée d'avoir transmis aux milices.

Les responsables politiques arrêtés sont tous des partisans du président conservateur Alvaro Uribe. Le chef de l'Etat, qui conserve sa popularité en Colombie, a démenti en janvier que les paramilitaires aient eu une influence sur sa victoire lors de l'élection de 2002. Le président soutient sa ministre des Affaires étrangères, pressée de démissionner par l'opposition.

Les autres députés arrêtés jeudi sont Mauricio Pimiento, Dieb Maloof, Alfonso Campo Escobar et Luis Eduardo Vives. Un mandat d'arrêt a été lancé contre un autre parlementaire, Jorge Luis Caballero. Dans une interview à la radio après son arrestation, Dieb Maloof a affirmé que les témoins le mettant en cause sont des délinquants indignes de confiance.

Tout le dossier "est basé sur des faux qui sont en train de plonger le pays dans un cataclysme politique", a-t-il ajouté. La plupart des charges contre les suspects récemment appréhendés proviennent d'un ordinateur portable, saisi chez l'un des lieutenants de Rodrigo Tovar -un des principaux chefs des milices- et d'un ancien responsable de la police secrète, Rafael Garcia.

Les chefs des organisations paramilitaires se sont rendus l'an dernier à la suite d'un accord avec le gouvernement, qui a débouché sur la démobilisation de quelque 31.000 paramilitaires. L'accord prévoit des remises de peine pour les miliciens avouant leur implication dans les violences et restituant les biens extorqués.


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