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Dominique de Villepin a été pris à partie mardi matin par la fille d'Ingrid Betancourt, l'otage franco-colombienne retenue par les FARC depuis près de cinq ans. Le Premier ministre a rappelé que la France oeuvrait dans des conditions difficiles, face à des "partenaires qui ne sont pas toujours au rendez-vous".
"La détermination fait partie de votre ligne de conduite. Malheureusement, je ne trouve pas que vous ayez été déterminé par rapport à ce qui concerne ma mère", a lancé Mélanie Betancourt sur RTL. "Je n'ai pas eu le sentiment, bien entendu, que vous ne nous avez pas soutenu. J'ai senti ce soutien, mais il n'y avait pas de volonté politique derrière".
"S'il y avait de la volonté politique, le président colombien Alvaro Uribe ne pourrait pas changer d'avis comme il change de chemise", a poursuivi la jeune femme. "Si on suit un peu l'actualité colombienne, on se rend compte qu'un jour le président dit qu'il est pour un accord humanitaire, le second, il dit que non".
"Face à cette liberté qu'a le président Uribe de changer d'avis comme ça, de marcher sur les pieds du gouvernement français, je ne pense pas qu'on a été assez forts", a souligné Mélanie Betancourt. "Je pense que vous n'avez pas utilisé tous les moyens qui sont à votre disposition", notamment en demandant aux États-Unis de faire pression sur la Colombie.
Si "la France n'a pas un pouvoir énorme en Colombie, alors OK, qu'elle accepte avec humilité sa position", a-t-elle observé. "Il faudrait que le cas de maman, comme celui de n'importe quel otage français avant maman , (...) devienne une priorité dans les relations franco-américaines, ce qui n'est pas le cas".
"La réalité des choses n'est pas tout à fait ce que vous dites", a répondu Dominique de Villepin sur RTL. "Nous le faisons discrètement, avec le souci de l'efficacité, et nous le faisons malheureusement le plus souvent sans trouver d'écho ni de fil".
Il est "extrêmement difficile" de nouer un dialogue "avec des partenaires qui ne sont pas toujours au rendez-vous", a renchéri le Premier ministre. "Le drame de cette situation, c'est que nous sommes face à des gens sans visage, sans voix, sans proposition et sans réponse, et chaque fil que nous avons pu avoir, chaque occasion, nous l'avons saisie", a-t-il assuré.
La France mènera ce combat "jusqu'au bout de l'action de ce gouvernement, jusqu'au bout de la mission du président de la République, et d'autres après nous le continueront", a promis le chef du gouvernement. "J'espère que nous serons en mesure très rapidement de faire bouger les choses".